samedi 21 juin 2014

Moi je célèbre le 2828e anniversaire de la naissance de Carthage. et toi ?



"Par leur puissance, ils égalèrent les Grecs ; par leur richesse, les Perses. "- Appien-

La date de la fondation de Carthage par Elissa - Didon, a toujours fait l’objet d’un débat, non seulement durant l’Antiquité mais encore de nos jours. Deux traditions antiques se sont affrontées : alors que une tradition légendaire reprise par Appien plaçait la naissance de Carthage aux alentours de la guerre de Troie, une autre, la plus diffusée, la situait en 814 av. J.-C. 

Ainsi d'après les calculs d'Ératosthène, la prise de Troie par les Achéens a lieu dans la nuit du 11 au 12 juin 1184 av. J.-C. lors d'une éclipse solaires ! la civilisation phénicienne n'émerge que durant la première phase de l'âge du fer (v. 1200-1000 av. J.-C.) et la fondation de Carthage même en tant que comptoir ne peu être que postérieur à Utique, réputée comme l'une des plus anciennes villes de la Méditerranée occidentale. (Selon Pline l'Ancien, Aristote et Velleius Paterculus, la ville d'Utique est fondée en 1101 av. J.-C). néanmoins les liens entre les civilisations sont là, bien que les frontières entre les mythologies et l'histoire sont particulièrement poreuses !!!

Une civilisation Carthaginoise (Punique) a vu le jour depuis lors, résultant d'un mixe, d'une alchimie et d'un mélange de la culture autochtone, constituée par les Berbères en Afrique -tantôt appelée libyque, d'autres fois numide-, et de la culture qu’apportèrent avec eux les phéniciens.
Le prince troyen Enée à la cour de la reine fondatrice de Carthage Elissa Didon.
Une rencontre entre le prince troyen Enée et la reine fondatrice de Carthage est une belle preuve du lien entre les civilisations méditerranéennes ! Troie a vécu à Carthage mais a choisi finalement de créer Rome ou plus exactement c'est ce que a choisi pour elle Virgile dans l'Énéide  ... une rencontre et une destignée entre les mains d'Héra et d'Hermès !!!

c'est ainsi qu'Énée, issu du sang des rois de Troie, fils d'Anchise et d’Aphrodite, petit-fils d'Assaracus, fut élevé par le fameux centaure Chiron, comme s'il eût été un prince de la Grèce. Il apprit de lui tous les exercices qui peuvent contribuer à former un héros. Après avoir pris les leçons de cet habile maître, il épousa Créüse, fille de Priam.

Lorsque Pâris eut enlevé Hélène, Énée prédit les tristes suites de cette violation de l'hospitalité, et lui conseilla de rendre celle qui devait causer la perte de sa patrie. 

Énée est un redoutable héros troyen. Dans la nuit où Troie succomba, il essaye vaillamment d'arrêter et de repousser les ennemis dans les rues de la ville ; mais, débordé par le nombre, et voyant que tout est perdu sans espoir, il charge sur son dos son père Anchise, avec ses dieux pénates, et, tenant son fils Ascagne par la main, il se retire sur le mont Ida avec ce qu'il a pu réunir de Troyens, entre autres le vieil Alétès, Ilionée, Abas, Oronte et un ami, le fidèle Achate. Dans cette fuite précipitée, il perdit sa femme Créüse.

Il revint sur ses pas dans l'espérance de la retrouver; mais elle lui apparut comme une ombre, et lui révéla qu'elle avait été enlevée par la déesse Cybèle.

Après avoir construit une flotte de vingt vaisseaux et côtoyé la Thrace, une partie de la Grèce, il relâcha en Épire, où il trouva Hélénus qui lui prédit la suite de ses épreuves. Puis il remit à la voile, essuya plusieurs tempêtes, aborda en Afrique et fut reçu à Carthage par Didon, qu’Aphrodite disposa en sa faveur.

Aimé de cette princesse, le héros s'oublia quelque temps dans les plaisirs de sa cour ; mais Hermès vint l'arracher à ce piège que la haine d’Héra avait tendu à sa gloire ; et de la Sicile où l'appelait la célébration des jeux funèbres en l'honneur d'Anchise mort dans cette île l'année précédente, il arriva en Italie, consulta la sibylle de Cumes, descendit aux Enfers, vit dans les Champs Elysées les héros troyens et son père dont il apprit sa destinée et celle de sa postérité.

Revenu des Enfers, il vint en Italie camper sur les bords du Tibre où Cybèle changea ses vaisseaux en nymphes. Là, l'accomplissement de plusieurs oracles l'avertit que ses courses étaient terminées.

Latinus, roi du pays, l'accueillit favorablement; mais la violence de Turnus et des Rutules rompit la paix qui venait d'être jurée, et entraîna le vieux monarque dans une guerre qui finit par la mort de Turnus. Énée, après l'avoir tué en combat singulier, épousa Lavinie, fille de Latinus, et fonda la ville de Lavinium, que les Romains regardaient comme le berceau de leur empire.

Après quatre années d'un règne paisible, les Rutules, ligués avec les Étrusques, recommencèrent la guerre. Il se livra une sanglante bataille à la suite de laquelle Énée disparut, noyé, dit-on, dans le Numicius, cours d'eau qui se jette dans la mer Tyrrhénienne. Il avait trente-huit ans.

Mais, cette fin ne paraissant pas digne d'un tel héros, on prétendit et l'on publia qu’Aphrodite, sa mère, l'avait enlevé au ciel, après avoir lavé son corps dans les eaux du petit fleuve. On lui éleva un monument sur les bords du Numicius, et les Romains l'honorèrent sous le nom de Jupiter Indigète.

samedi 14 juin 2014

Les Gémeaux... Castor et Pollux !

A mes amis, natifs du signe des gémeaux :

Zeus, l’éternel cœur d’artichaut, tombe amoureux de la reine de Sparte la gracieuse Léda. Pour la séduire il se transforme en un cygne éblouissant, et par ruse il s’unit à elle.
La même nuit la reine s’unit à son époux, le Roi Tyndare. Plus tard naissent 4 jumeaux qui éclosent d’un bel œuf orangé. En premier naissent Castor et Clytemnestre, les deux enfants du Roi, puis Pollux et la belle Hélène, les enfants de Zeus.

La radieuse Hélène, fille de Zeus, fut à l’origine de la guerre de Troie. Clytemnestre, sa sœur, fit assassiner son époux Agamemnon, qu’elle croyait coupable du sacrifice de leur fille Iphigénie. Les fils d’Agamemnon, Electre et Oreste vengèrent ensuite leur père.
Quant aux deux garçons, Pollux était le lutteur adroit et vigoureux et Castor, le guerrier habile à dompter les chevaux qui forma Héraclès au combat. Tous deux montent de magnifiques chevaux blancs, qui leur ont été donnés par Neptune, ou par Mercure ou par Junon. Les noms de ces coursiers sont Xanthos et Balios. Quelquefois ils sont attelés à un magnifique char d'or. 
Les statuts de Castor et Pollux devant le palais du Sénat Italien -Place du Capitole-
Castor et Pollux, s’aimaient tellement qu’ils ne pouvaient jamais se quitter. Lorsque Castor, qui était mortel, mourut au combat, son frère, Pollux fut inconsolable, il demanda à Zeus, son père, de partager son immortalité avec son frère. Zeus, qui finalement était un père au cœur tendre, permit aux 2 garçons de se rejoindre en passant la moitié de leur temps dans le royaume des morts du Dieu Hadés, et l'autre moitié dans l'Olympe, royaume des Dieux.

lundi 2 juin 2014

Yunyou est là et c'est le début de l'été !



Yunyou correspond à Juin qui était le 4éme mois du calendrier romain à l’époque antique.

Son nom, aussi bien chez nous (calendrier Tunisien agraire dit ajmi), que chez les Romains vient du latin junius, donné, selon Ovide, en l’honneur de la déesse romaine Junon. 

Dans la mythologie romaine, Junon, en latin Juno, est la reine des dieux. C'est la protectrice de la femme, de la fécondité, du couple et du mariage légitime. On l'attribue aussi à la lumière. Elle pouvait donner aux hommes ou aux animaux le don de prophétiser. Fille de Rhéa et de Saturne (Cronos), elle est à la fois sœur et épouse de Jupiter. Ses attributs sont le paon, un sceptre surmonté d'un coucou et une grenade, symbole de l'amour conjugal, le lys et la vache. Elle est assimilée à l'Héra des Grecs.

Elle symbolise le mariage lorsqu'elle est représentée recouverte de voiles, et elle est associée à la fécondité lorsqu'elle en tient l'emblème: la pomme de grenade.


dimanche 18 mai 2014

Brazzaville le retour !


En route vers Brazzaville, avec la RAM via Casa ! 


Arrivée à 4H du mat au Ledger (ex-méridien) une veille connaissance !!!






vendredi 25 avril 2014

Hannibal et l’origine de sa haine de Rome !!








En 241 av.J-C, à la fin de la première guerre punique, Hamilcar Barca, doit signer un traité avec Rome. Carthage doit céder la Sicile, mais conserve sa flotte de guerre. 

Profitant des difficultés que Carthage rencontre avec ses mercenaires révoltés, Rome arrache à Carthage la Sardaigne et la Corse. Devant cette perfidie, Hamilcar le père d’Hannibal, âgé seulement de neuf ans, lui fait jurer sur les autels, une haine irréconciliable pour le peuple romain. 

Le fils d'Amilcar, Hannibal Barca (en phénicien Hanni-baal signifie « qui a la faveur de Baal » et Barca, « foudre »), est né en 247 av. J.-C. à Carthage en Tunisie et mort par suicide en 183 av. J.-C. en Bithynie près de l’actuelle Bursa en Turquie. Il est un homme politique carthaginois et le plus grand général qu'a connu la Tunisie depuis l'antique Carthage à ce jour. Il est considéré comme l’un des plus grands tacticiens militaires de l’histoire et certainement l'un des généraux les plus héroïques et les plus audacieux de tous les temps.

Enfant donc, il fut élevé par son père dans la haine de Rome, Hannibal s'était juré une haine éternelle aux Romains et de vouer son existence à l'écrasement du dangereux Etat latin. Il suivit son père Hamilcar en Espagne et dans toutes ses campagnes de -238 à -229, puis servit dans l'armée carthaginoise en Espagne sous son beau-frère Asdrubal. Il fut ensuite élu pour chef par l'armée et continua à songer à détruire la puissance romaine.


"Quand mon père se disposa à entrer en Espagne avec une armée, je n'avais alors que neuf ans ; j'étais auprès de l'autel pendant qu'il sacrifiait à Jupiter. Après les libations et autres cérémonies prescrites, Hamilcar, ayant fait retirer tous les ministres du sacrifice, me fit approcher, et me demanda en me caressant si je n'aurais pas envie de le suivre à l'armée. Je répondis, avec cette vivacité qui convenait à mon âge, non seulement que je ne demandais pas mieux, mais que je le priais instamment de me le permettre ; là-dessus il me prit la main, me conduisit à l'autel, et m'ordonna de jurer sur les victimes que jamais je ne serais ami des Romains." Polybe, Histoires, III, 11, 5-7


Par Claudio-Francesco Beaumont, Musée des beaux-arts de Chambéry. France

Ci dessus une toile de fond architecturale qui ferme la composition animée, entre portiques et escaliers monumentaux et une palette des couleurs vives et riches de contrastes en clair-obscur qui nous permet de comprendre que la peinture date du milieu du XVIIIe siècle.

Elle représente le scène d'Hannibal âgé de 9 ans, la main sur l’autel et qui prête le serment de haine aux romains. Au centre du tableau le personnage d’Hamilcar, le bras tendu au dessus de la tête de son fils. 

De nombreux personnages entourent Hamilcar et Hannibal, certains exprimant des torsions du corps aux mouvements amples et d’autres comme l’homme au turban et le vieillard, accentuent de par leur verticalité celle du personnage central et renforcent la conviction des sentiments exprimés. 



lundi 13 janvier 2014

Moi, mes idées !: Les tisserands de soie, Hrairiya

Moi, mes idées !: Les tisserands de soie, Hrairiya: L es Chinois ont longtemps gardé le secret de la fabrication de la soie. Des confins de l’Asie, les caravanes des commerçants arabes, ...

Moi, mes idées !: La mémoire inconsciente des carthaginois

Moi, mes idées !: La mémoire inconsciente des carthaginois: Au quatrième siècle avant J-C., Carthage jouissait d’une rare constitution, ce qui lui a valu les vantes du philosophe grec Aristote....

Moi, mes idées !: Qu'il est advenu de la dimension civilisationnelle...

Moi, mes idées !: Qu'il est advenu de la dimension civilisationnelle...: Je me demande bien ce qu'il est advenu de la chaire Ben Ali pour le dialogue des civilisations et des religions ?  C'es...

Moi, mes idées !: Mazyes, Maxyes, Libyco-Carthaginois, Numides, Afri...

Moi, mes idées !: Mazyes, Maxyes, Libyco-Carthaginois, Numides, Afri...: La vaste majorité des Tunisiens, et des autres Maghrébins, s'identifient culturellement à la culture arabo-musulmanes et n'ont j...

Mazyes, Maxyes, Libyco-Carthaginois, Numides, Africains, Berbères, Maghrébins, Maures, Kabyles, Imazighens, Algériens, Marocains, Libyens et Tunisiens ! Bonne et heureuse année 2964 et joyeux yennayer !

La vaste majorité des Tunisiens, et des autres Maghrébins, s'identifient culturellement à la culture arabo-musulmanes et n'ont jamais eu aucun problème identitaire puisque la langue arabe est la langue utilisée dans l'administration et le dialecte tunisien est dans sa grande partie emprunté à l'arabe maghrébin au même titre que le maltais, l'algériens, le marocain ou leur cousin et si illustre défunt andalous !!! Néanmoins dans nos veines coule un sang Mazyes, Maxyes, Libyco-Carthaginois, Numides, Africains, Berbères, Maghrébins, Maures, Kabyles, Imazighens et nos gênes sont autant Berbères que méditerranéennes !!! les études scientifiques tendent à indiquer qu'on serait ethniquement plus proches des Berbères Numides descendant des anciens Capsiens et Ibéro-Maurusiens et de certains Européens notamment méditerranéens, qu'ils ne le sont des Arabes. « Comparés avec d'autres communautés, notre résultat indique que les Tunisiens sont très liés aux Nord-Africains et aux Européens de l'Ouest, en particulier aux Ibériques, et que les Tunisiens, les Algériens et les Marocains sont proches des Berbères, suggérant une petite contribution génétique des Arabes qui ont peuplé la région au VIIe ou VIIIe siècle. » ( A. Hajjej, H. Kâabi, M. H. Sellami, A. Dridi, A. Jeridi, W. El Borgi, G. Cherif, A. Elgaâïed, W. Y. Almawi, K. Boukef et S. Hmida, « The contribution of HLA class I and II alleles and haplotypes to the investigation of the evolutionary history of Tunisians », Tissue Antigens, vol. 68, n°2, août 2006, pp. 153–162).

Et bien que ces études génétiques se soient basées sur des échantillons retreints, elles sont parlantes. Elles confirment ce que les historiens ont toujours affirmé : l'apport arabe est très minoritaire dans les populations maghrébines (Ibn Khaldoun, Gabriel Camps, etc.), car quelques dizaines de milliers d'arabes n'ont pas pu, matériellement, changer des millions de Berbères en Arabes.

Le verdict des chercheurs ci-dessus est sans appel : l’identité arabe (ou arabo-musulmane) de la Tunisie, ou du Maghreb, relève plus une appartenance socio-culturelle et parfois politico-religieuses qu'une réalité scientifique!!! Oui ! Se renfermer dans cette idée stéréotypée relève du fantasme plus que de la réalité. Ce fantasme a été injecté dans les têtes et les esprits à une époque récente : nos pères, nos grands pères et nos aïeux, certainement plus réalistes, n’ont jamais revendiqué cette filiation, inventée par les monarchies pétrolières et leurs valets islamistes. En psychologie, un fantasme est une construction consciente ou inconsciente, permettant au sujet qui s’y met en scène, d’exprimer et de satisfaire un désir plus ou moins refoulé, de surmonter une angoisse.N'est ce pas, peut être, l'esprit même de l'article 38 de la nouvelle constitution ?!!

jeudi 12 décembre 2013

Qu'il est advenu de la dimension civilisationnelle humaniste de la Tunisie Moderne?

Je me demande bien ce qu'il est advenu de la chaire Ben Ali pour le dialogue des civilisations et des religions ? 




C'est l'une des initiatives les plus pertinentes lancées par ZABA concrétisée le 22 janvier 2002, date du démarrage des conférences et des manifestations scientifiques organisées par cette nouvelle institution, avec la participation d'une élite de penseurs et d'intellectuels tunisiens et étrangers.


Cette initiative illustrait la dimension civilisationnelle humaniste de la Tunisie Moderne au service du progrès et du bien-être de l'Humanité et s'inscrivait, dans le cadre de la déclaration, par les Nations Unies, de l'année 2001 " année du dialogue des civilisations ".

La Tunisie depuis son Indépendance, aussi bien sous Bourguiba que sous ZABA menée une action volontariste pour la diffusion des valeurs de dialogue et de compréhension entre les peuples et les civilisations, dans un monde nouveau dans lequel il n'y aurait plus de haine, ni de rancune et où prévaudraient le dialogue et la tolérance.et qui sera fondé sur les valeurs de liberté, de démocratie, des droits de l'homme UNIVERSELLES.

Ces valeurs de dialogue, de tolérance et de solidarité sont elles aujourd'hui des constantes de la Tunisie, dans le discours comme dans la pratique ?

Ces même valeurs qui puisent leur essence dans la civilisation arabo-musulmane des lumières notamment de son environnement immédiat de l'Ifiquya et d'El Andalous. Une civilisation de la morale et de l'Ijtihad qui s'appui sur les savoirs scientifiques et la raison et rejette l'obscurantisme, le texte sans l'apport de la raison, le fanatisme, l'extrémisme et la discorde.

Ces valeurs traduisent aussi la fidélité aux traditions ancestrales et séculaires de la Tunisie, terre de rencontres et carrefour de civilisations. De Carthage à nos jours, en passant par Kairouan et Mahdia, la Tunisie a toujours été un espace de dialogue et de communication entre les hommes et les peuples quels que soient leurs religions, leurs langues, leurs origines, leurs cultures ou leurs convictions.

C'est sur cette plate-forme civilisationnelle que reposera toute tentative de création d'une deuxième république en Tunisie tout à fait à l'opposé de ce que veux les gouverneurs d'infortunes transitoires issus des élections du 23 octobre 2011.

jeudi 29 août 2013

La mémoire inconsciente des carthaginois



Au quatrième siècle avant J-C., Carthage jouissait d’une rare constitution, ce qui lui a valu les vantes du philosophe grec Aristote. En effet, selon les dires d’Aristote, la constitution de Carthage à cette époque-là  était incontestablement une des meilleures au monde vu qu’elle assurait aux Carthaginois un certains nombre de libertés et de droits, et assurait la pérennité de l’Etat.
Certainement, la glorieuse Carthage du quatrième siècle avant J-C. avait une organisation politique de type hybride mêlant les éléments de trois régimes, à savoir :
       Un régime de type monarchique, composé par deux suffètes qui avaient  la charge de gérer l’administration civile, de rendre la justice et de convoquer les assemblées. Ces suffètes étaient élus et n’exerçaient ni le pouvoir militaire ni le pouvoir religieux.
      Un régime de type oligarchique, représenté par le Conseil des anciens, constitué de près de 300 aristocrates, qui était en charge de toutes les affaires intérieures de la cité et de sa politique étrangère.
      Un régime démocratique, constitué par l’Assemblée du peuple. Cette large assemblée était composée de tous les hommes libres de la cité et se réunissait place de l’agora, à l’occasion des grandes décisions, ou pour trancher, en cas de désaccord, entre les deux premiers pouvoirs.
Au vingt et unième siècle après J-C., la Tunisie post-troika a inventé, en l’absence d’une aussi «remarquable» constitution, encore et éternellement en projet depuis presque 2 ans , un régime hybride similaire, mais informel lui aussi mêlant les trois régimes:
1.     Le régime de type monarchique, composé par les deux suffètes, il s’agit bien de Beji Caied Essebsi (BCE) le chef des démocrates, des destouriens, des progressistes et des modernistes d’un côté et le cheikh Rached Kheriji Ghannouchi (RKG) de l’autre, chef des islamistes, des conservateurs et leurs condisciples. Ces deux suffètes ne sont pas élus certes, mais chacun d’eux exerce un pouvoir moral fort au sein de son camp. BCE exerce de ce fait, un pouvoir discrétionnaire sur l’inteligencia Tunisienne, l’administration, les corps républicains, la classe moyenne et supérieure ( employés et fonctionnaires, cadres, universitaires, journalistes, professeurs, medecins, avocats et autres professions libérales…) et d’une façon générale les intellectuels ! Alors que le RKG s’accapare le pouvoir religieux, détient une obscure attraction et une étrange sympathie auprès de ses disciples et une large frange du peuple effritée mais encore importante … dans une majorité composée de religieux, de conservateurs et de fans de niveau intellectuel faible à moyen ! Mais aussi, une non négligeable et influente classe de nouveaux riches entrepreneurs ou exerçants dans l’artisanat et dans divers métiers, notamment  de riches propriétaires terrains, commerçants et même des industriels !     
2.     Le régime de type oligarchique, représenté par la grande majorité des élus de l’ANC ! (majorité issue du scrutin du 23 octobre) constitué de près de 140  députés, en charge de la rédaction de la constitution et des affaires politiques et législatives ! la légitimité de cette majorité n’est plus que consensuelle après l’expiration de la durée d’un année et l’assassinat de Chokri Belaid  …mais elle continue à exercer un pouvoir semblable à celui exercé par les aristocrates carthaginois ! c’est à cela qu’on peut les qualifier d’alter-égo de l’Antique Conseil Carthaginois des Anciens.
3.     Le régime démocratique (au sens de la démocratie participative direct) , constitué par les sit-ineurs, les manifestants, les syndicats, le patronat, la société civil, les bloggeurs, les facebookeurs … qui s’expriment et qui se manifestent contrairement à une majorité silencieuse notamment après l’assassinat de Mohamed Brahmi devant l’ANC, à la place du Bardo et devant les Gouvernorats et les Délégations. Cette «  large assemblée » est elle aussi, d’ailleurs comme l’antique Assemblée du peuple carthaginois, composée de tous les hommes libres de la cité qui se réunissait à la place de l’agora, à l’occasion des grandes décisions, ou pour trancher, en cas de désaccord, entre les détenteurs des deux premiers pouvoirs.
A méditer !

 

dimanche 14 avril 2013

Les tisserands de soie, Hrairiya


Les Chinois ont longtemps gardé le secret de la fabrication de la soie. Des confins de l’Asie, les caravanes des commerçants arabes, traversant plusieurs déserts, empruntaient les routes de la soie pour arriver jusqu'au Maghreb. Lorsque les techniques de fabrication du fil de soie furent connues, l’art du tissage se développa au Maghreb.

Un ver, le bombyx du mûrier, qui ne fait que manger et dormir durant les six semaines de son existence, est à l’origine de la production de cette matière noble. De sa bave, cette chenille tisse entre 700 et 1 500 mètres de fil de soie, pour faire son cocon. Il s'agit d'un fil continu extrêmement fin que le maître d'art, professionnel d'excellence grâce à ses techniques et son savoir-faire exceptionnel, défait avec soin et art puis le teint et le met en bobines.

Au Moyen Âge, le tissage de la soie se professionnalise. Les tisserands, adoptent le métier à tisser horizontal. À Tunis, le tissage de la soie se développe à partir du XIVe siècle.

Au milieu du 19éme, on comptait, à Tunis, 106 ateliers pour la fabrication des tissus de soie. Tous ces ateliers se trouvaient groupés au Souk el harayria qui longeait la façade occidentale de la mosquée Zitouna. Le souk est fondé autour de 1450 par le souverain Hafside Abou Omar Othman. Les tisserands de soie, Hrairiya, se signalaient déjà depuis le 16ème siècle à l’admiration de Léon l’Africain. Les métiers utilisés existent encore, inchangés. Ils sont du type connu : deux rangs de lisses, animés par deux pédales. Ils ne diffèrent pas des métiers sur lesquels s’élaborent les tissages de coton ou de laine, mais les soieries façonnées exigent des opérations manuelles spéciales : au moyen de poulies complémentaires ; des fils sont levés irrégulièrement pour produire des variations de couleur et de points non prévues dans les jeux des lisses.

On fabriquait des pièces variées à destination précise : 

  • Safsari : grand voile blanc de sortie pour femmes
  • Takrita : petit fichu, parfois lamé d’or, qui maintenait la coiffe ou les cheveux.
  • Foutas et Blousas : Vétement d’intérieur et de fête pour femme dont la fouta beskri (drapé d’apparat en usage dans les régions de sahel, à Mahdia et à Jerba.
  • Schemla : ceinture d’homme
  • Chenbir noir

Le tisserand de soie occupa longtemps la place la plus élevée dans la corporation des tisserands, nombreux ont eux doit au nichan Al Iftikhar, décerné jusqu’à l’abolition de la monarchie en 1957 (Officier ou Chevalier de 1re ou de 2e classe). 


Les Ben Milad, les Ben Abdelkader et les Ben Abdallah sont des familles de tisserands. Des Amines qui se succédaient au Souk el harayria, on comptait certains issus de la famille Ben Abdelkader dont Mon arrière grand père Si Chedhely et le plus récent Si Mohamed Ben Abdelkader. Ce dernier était pour 12 ans, président de l'UTICA d'Avril 1948 à Octobre 1960. Il était aussi, le fondateur et le président du CNOT de 1957 à 1960 (Comité National Olympique Tunisien).


Un statut social et un métier qui ont perdu de leurs éclats ! un savoir-faire, une passion, un style de vie et un patrimoine qui sont en train de disparaître. A la médina, il ne reste aujourd'hui, qu'une petite vingtaine de tisserands, dispersés et qui survivent péniblement.

Le problème essentiel de la disparition de ces artisans est actuellement l'arrivée de nouveau tisserands qui ont repris cette activité et qui ne maîtrisent pas le marché amont, le coût de la matière première, la soie est très élevé et  une absence totale de soutien de l’état dans ce domaine. 

Le monopole de quelques commerçants, (dont certains sont des non tisserands) qui disposent des autorisations et des moyens pour importer la soie d’Asie et la revendre ensuite localement à des prix exorbitants, en est aussi une raison, mais la principale reste l'absence de débouchés ! 

Cette corporation se meure !

Abderrahmen BEN ABDELKADER