mardi 18 avril 2017

L’expatriation et l'intelligence culturelle

Ceux d’entre nous qui ont vécu l’expatriation ont pu avoir l’occasion de développer certaines qualités qu'on qualifie aujourd’hui d’intelligence culturelle.
En effet, cette dimension culturelle est si puissante qu’elle influence directement notre cadre de référence et la façon dont nous percevons le monde. Ainsi, les actes, les gestes, les tonalités de voix, les mots utilisés, les détails comportementaux font entièrement partie de la dimension culturelle. Ils sont soumis à différentes interprétations,  selon la culture d'origine et les traits de caractère personnels certes, mais aussi selon la capacité d’intégration des cultures auxquelles nous avons été initiés et notre capacité d'adaptation, inconsciente, à leurs divers codes. Cette capacité, fréquemment développée par les personnes ayant eu l'opportunité d'être en contact avec des cultures différentes est appelée l’intelligence culturelle. Elle se démontre chez les expatriés ayant une aptitude pour, au travers de tous leurs sens, interpréter les éléments de communication non verbaux inconnus et ce, de la même façon qu’une personne de cette culture le ferait. L’intelligence culturelle présente des points communs avec l’intelligence émotionnelle et notamment comme le dit les psychologues  au travers d’« une propension à suspendre le jugement—penser avant d’agir. »

Cette capacité est un atout important et souvent nécessaire pour réussir le développement à l’international, mais elle l’est aussi nécessaire pour s'intégrer et des fois même se réintégrer au sein des entreprises et de leurs différentes structures fonctionnelles ou opérationnelles, qui peuvent se distinguer par des micro cultures et des codes propres et si différents d'une structure à l'autre.

samedi 8 avril 2017

La légalité internationale comme fondement de nos prises de positions internationales


Partant de l’importance majeure qu’elle accorde aux Nations Unies en tant que cadre propice à l’action collective, la Tunisie a tenu à signifier, dès son indépendance, le 20 mars 1956, son attachement à la Charte des Nations Unies, au droit international et à la légalité internationale comme fondement de ses relations internationales.



La Tunisie ne s’est jamais départie de ces principes et a toujours prôné le respect de la légitimité et l'application des résolutions onusiennes ... Je réitère ma demande à ce qui de droit, comme à chaque crise, pour conserver la constance dans la diplomatie Tunisienne ! 




N'oublions jamais nos positions de soutien des mouvements de libération du colonialisme partout dans le monde notamment en Afrique et ce, contre la volonté influente des grandes puissances coloniales ! Nos positions solidaires courageuses lors de la guerre de libération en Algérie et le soutien indéfectible à la cause palestinienne ...

A bon entendeur, salut !

jeudi 16 février 2017

Comment devenir meilleur !!

En théorie, nous voudrions tous devenir meilleur. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire.

Quand vous pensez à devenir meilleur, imaginez-vous devenir quelqu’un d’autre ? Ressembler à quelqu’un que vous admirez ou vous jalousez  ?

Mais vous ne pourrez pas devenir quelqu’un d’autre. Vous devez chercher à vous améliorer pour devenir un meilleur vous, pas vous transformer en une autre personne.

Pour devenir une meilleure version de vous il ne faut pas se concentrer sur devenir parfait, riche ou célèbre … il faut beaucoup de travail, car c'est le travail acharné qui portera ses fruits. En travaillant, vous devez vous sentir entrain d'avancer et sentir que vous accomplissez des choses. N’hésitez pas non plus à toucher à tout et rappelez-vous que le changement est normal...

Pour devenir un meilleur vous, il vous faut aussi de bons amis. Je ne parle pas des amis que vous croisez au boulot, au footing, au café ou des amis d’amis sur Facebook. Je parle de vraies relations avec des personnes réelles, moralement et intellectuellement inintéressantes ou à la limite viables !!!

On dit souvent qu’on est la moyenne de nos 5 ou 6 meilleurs amis. Car ces vrais amis ont une influence sur vous. Le partage de vos problèmes et de vos victoires est un élément essentiel de votre processus d’amélioration. Ces amis peuvent vous aider à rester sur la bonne voie et apporter des solutions à vos problèmes. Les amis sont plus importants que vous ne le pensez,et je parle toujours des amis "normatifs". Cela méritent le temps et les efforts que vous leur consacrez.

Une des étapes de base pour être heureux est de lâcher prise avec le passé.

Devenir un meilleur vous,  signifie que vous devez laisser aller ce qui peut vous retenir !!! Souvent les moments difficiles, la douleur et les injustices que nous avons vécues... ils nous empêchent d’avancer. Comme une ancre, ils nous retiennent dans une mer de confusion, peu importe la force des vents du changement. Lâcher prise, ce n’est pas facile, mais c’est faisable. Ne gardez pas tous ces maux à l’esprit. Libérez-les et gardez votre esprit concentré sur le présent et votre plan pour l’avenir. enfin ne ruminez plus le passé sauf celui avec lequel qui peut vous servir pour valoriser vos acquis personnel et professionnel ! 

Regarder vers l’avenir c’est bien beau, mais ne laissez pas les plans futurs vous paralyser. Maintenant est le bon moment pour devenir un meilleur vous.

Une fois que vous avez un rêve, une idée, un plan, lancez-vous. Il n’y aura pas de moment idéal où toutes les conditions d’argent, de connaissances ou de relations seront réunies.

Vous pouvez passer votre vie entière à économiser, à lire, à apprendre et à rêver sans jamais rien réaliser. Au lieu de ça, essayez chaque jour de vous rapprocher de vos rêves et devenir un meilleur vous.

Tout le monde a des hauts et des bas. Certains jours, vous aurez la pêche et serez heureux, d’autres jours vous vous sentirez déprimé et léthargique. Toutefois, la meilleure façon de fonctionner en toutes circonstances est d’être consistent,  souriant et dites bonjour aussi bien les bons jours  que les mauvais jours. Garder une consistance est un excellent moyen d’équilibrer vos humeurs et devenir un meilleur vous.

Vivre chaque jour signifie que vous ne faites jamais moins que la veille, même si vous ne vous sentez pas à votre meilleure forme.

Lutter contre le changement est une cause perdue. Des changements se produiront que ça vous plaise ou pas. Au lieu de lutter contre ces changements, adaptez-vous et saisissez les opportunités car avec chaque changement, vous pouvez encore apprendre quelque chose de nouveau.

Mon grand défaut était la recherche de la perfection, heureusement que je n’ai jamais confondu la recherche de la perfection et l’atteinte de mon meilleur niveau. La perfection est au-delà de notre portée. Même si nous faisons quelque chose que nous pensons parfait, il existe sûrement quelqu’un d’autre qui sera en mesure de faire mieux et plus vite.

Perfection ne devrait pas être votre objectif. Au lieu de cela, essayez de faire de votre mieux. Essayez à chaque fois d’atteindre votre meilleur niveau. En cherchant à donner le meilleur de vous-même, vous allez même pouvoir dépasser votre limite. Mais ce ne sera pas parfait. Ce faisant, vous devenez non seulement meilleur, mais vous permettez également à ceux qui vous entourent de devenir meilleur.

Vous ne pourrez jamais apprendre ou progresser sans sortir de votre zone de confort. Si vous vous contentez de ce que vous maîtrisez, ce que vous savez faire, vous ne vous améliorerez jamais. Le risque fait peur, mais en vérité, il est source d’améliorations et d’opportunités. Sortez de votre zone de confort et osez essayer quelque chose de nouveau. Il n’y a que des avantages à essayer. Alors relevez le Défi pour changer de vie.

Dernier conseil mais pas des moindres, aidez les autres est un excellent moyen de progresser vous-même. Devenir un professeur va vous obliger à approfondir vos connaissances. Ne soyez pas une personne fermée qui ne pense qu’à satisfaire ses propres besoins ! Établissez des liens et des relations peut même vous permettre de rencontrer la prochaine personne qui vous aidera !

vendredi 9 septembre 2016

Le fils d'Abraham sacrifié est il Isaac ou Ismaël (PSSE) ??



A chaque Aîd, je me pose toujours la même question !!! Certains par conviction purement religieuse, par simple ignorance, par aveuglement, pas économie de réflexion ou par peur de se perdre ont choisi de ne jamais se poser cette question ! au prix de croire à une version canonisée toute fausse, ils ont choisi de vivre dans la paix de l’ignorance !!! Cette question est la suivante : Le fils d'Abraham qui allait être sacrifié est il Isaac ou Ismaël (PSSE) ?? La question ne se pose même pas dans un camps comme dans l'autre, c'est l'évidence même : pour les uns c'est Isaac le fils de Sarra le seul issu de l’alliance du peuple élu !!! Pour les autres c'est Ismaël parce-qu’il est le fils aîné de la servante et l'arrière grand père du prophète Mahomet (PSSL)

En effet, selon la Bible c'est Issac, mais la version biblique laisse planer des doutes:


1 - Issac est né 14 ans après Ismail, donc il est le cadet et pas fils unique
2 - Dieu sachant que Abraham avait 2 fils, il aurait dit "Prends ton fils Issac".
3 - Abraham aurait "MENTI" à son fils qui se demandait ou est l'agneau (versets 7 à 9)

Genèse chapitre 22
1- Il arriva, après ces faits, que Dieu éprouva Abraham. II lui dit : "Abraham !" II répondit : "Me voici."
2- II reprit "Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac ; achemine-toi vers la terre de Moria et là offre-le en holocauste sur une montagne que je te désignerai."
3- Abraham se leva de bonne heure, sangla son âne, emmena ses deux serviteurs et Isaac, son fils et ayant fendu le bois du sacrifice, il se mit en chemin pour le lieu que lui avait indiqué le Seigneur.
4- Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, aperçut l'endroit dans le lointain.
5- Abraham dit à ses serviteurs : "Tenez-vous ici avec l'âne; moi et le jeune homme nous irons jusque là-bas, nous nous prosternerons et nous reviendrons vers vous."
6- Abraham prit le bois du sacrifice, le chargea sur Isaac son fils, prit en main le feu et le couteau et ils allèrent tous deux ensemble.
7- Isaac, s'adressant à Abraham son père, dit "Mon père !" Il répondit : "Me voici mon fils." II reprit : "Voici le feu et le bois, mais où est l'agneau de l’holocauste ?"
8- Abraham répondit : "Dieu choisira lui-même l’agneau de l’holocauste mon fils!" Et ils allèrent tous deux ensembles.
9- Ils arrivèrent à l'endroit que Dieu lui avait indiqué. Abraham y construisit un autel, disposa le bois, lia Isaac son fils et le plaça sur l'autel, par-dessus le bois.

Rachi (Troyes 1040 – 1105) :
Dieu lui dit : Ton fils. Abraham lui dit : j’ai deux fils. Il lui répondit : ton unique. Il lui dit : ils sont chacun unique par leur mère. Il lui dit : que tu aimes ! Il répondit : je les aime tous les deux. Il lui dit : Isaac. 
Et pourquoi Dieu ne révéla-t-il de suite (le nom d’Isaac), afin de ne pas le perturber, car il en aurait perdu l’esprit, et aussi pour lui faire aimer la mitsva et lui donner une récompense pour chaque parole.
La ligature d’Isaac constitue selon la tradition rabbinique, la dixième et dernière épreuve d’Abraham.
Elle implique ici deux sujets : le père et le fils, face à Dieu. Ce texte est lu le second jour de Roch Hachana.
Selon la coran il s'agit d'Ismail !!! 
c'est à cet effet que les musulmans perpétuent cet Evénement par le sacrifice du mouton de l'Aid
Abraham aurait fait le même songe 3 fois consécutives, avant de mettre en exécution son rêve.
Coran 37-100-Seigneur, fais-moi don d’une (progéniture) d'entre les vertueux".
101-Nous lui fîmes donc la bonne annonce d’un garçon (Ismaël sans le nommé) longanime..
102-Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, (Abraham) dit: "Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses". (Ismaël sans le nommé) dit: "Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants".
103-Puis quand tous deux se furent soumis (à l’ordre d’Allah) et qu’il l’eut jeté sur le front,
104-voilà que Nous l’appelâmes "Abraham !
105-Tu as confirmé la vision. C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants".
106-C' était là certes, l’épreuve manifeste.
107-Et Nous le rançonnâmes d’une immolation généreuse.
108-Et Nous perpétuâmes son renom dans la postérité:
109-"Paix sur Abraham".
110-Ainsi récompensons- Nous les bienfaisants;
111-car il était de Nos serviteurs croyants.
112-Nous lui fîmes la bonne annonce d’Isaac comme prophète d' entre les gens vertueux.
Moi je trouve le style du Coran beaucoup plus réaliste et logique, c'est peut être par choix subjectif. Tout de même, il s'agit d'un événement non négligeable, fêté par les 2 peuples, et faisant parti de leur patrimoine !! donc fêtons ensemble l'Aîd et Roch Hachana tout simplement !!! 
Il faut noter aussi qu'il n'est pas musulman celui qui fait une distinction entre les prophètes de Dieu !!! Donc, qu'il soit Issac ou Ismail ça ne doit rien changer pour le vrai musulman !!! N'est ce pas ?! 
Sans oublier un autre sacrifice humain !!! le plus important pour l'humanité entière chez nos amis chrétiens Jésus-Christ (PSSL) s'est sacrifié lui-même pour sauver tout le genre humain, tel que cela est relaté dans plusieurs versets du Nouveau Testament !!! 




Enfin, on peut même revenir plus loin... !!! en remontant au mythe du sacrifice d'Iphigénie dans la mythologie grecque ;) L'ancien rite barbare du sacrifice humain offert en holocauste est bien encré dans la construction mythique humaine !!! Comment une quelconque divinité (dieu ou déesse) pouvait désirer un pareil sacrifice ? et pourtant le mystère d'une volonté divine expliqué dans la peur de l’inconnu, la recherche de la protection, les superstitions ... font des rites sanglants un sacrifice divin au service peut être des égoïsmes brutaux !!!


lundi 11 janvier 2016

Joyeuse fête de Yennayer et meilleurs vœux pour la nouvelle année 2966 à tous mes amis qui perpétuent la tradition !

Yennayer est la seule fête non musulmane commune à tous les peuples d’Afrique du Nord. Dans chaque région, elle donne lieu à des festivités diverses et à des repas familiaux.

Yennayer est la fête célébrant le passage au nouvel an ajmi par les Imazighen. Ce jour correspond au 13 janvier. Le 13 janvier du calendrier du calendrier grégorien actuel (instauré par le pape Grégoire XIII en 1582) correspondant au 1er Janvier du calendrier Julien (institué en 45 av. J.-C. par l’Empereur Jules César).
Les Imazighen avaient donc leur propre calendrier dit Ajmi
bien ancien, basé à la fois sur les changements de saisons et les différents cycles de la végétation qui déterminent les moments cruciaux à l’agriculture, et sur les positionnements des astres comme la lune, le soleil et les différentes constellations.
Grand sphinx de granit réinscrit au nom de Sheshonq Ier -
Trouvé à 
Tanis, aujourd'hui au musée du Louvre
L’histoire des Berbères remonte à 10 000 ans avant Jésus Christ. Ce n’est pourtant qu’au temps de l’Egypte ancienne que sera fixé l’an zéro du calendrier berbère. Il correspond à la date où le roi Chacnaq 1er (Sheshonq) fût intronisé pharaon d’Egypte. Ce roi berbère avait réussi à unifier l’Egypte pour ensuite envahir la Palestine. On dit de lui qu’il s’empara des trésors du temple de Salomon à Jérusalem. Cette date est mentionnée dans la Bible et constitue par là-même, la première date de l’histoire berbère sur un support écrit.
Les travaux des paléontologues et historiens démontrent sans équivoque que les Berbères étaient présents en Egypte depuis sa constitution. Nous retrouverons ensuite des inscriptions libyques sur la pierre de rosette. Des tifinaghs récents qui remontent au moins au Ve siècle avant notre ère, date du mausolée d’Abelessa. Les Imazighen Mashaouash, Libous orientaux de Cyrénaïque étaient en contact direct avec les l’Egypte ancienne. En 1200 avant J.C. la civilisation libyque avait même bouleversé l’équilibre de la Méditerranée orientale en envahissant l’Egypte.
A la fin de la XXIème dynastie égyptienne, Sheshonk (Chachnaq 1er), grand chef militaire des Mashaouash, obtint du Pharaon Siamon, dont l’armée était en grande partie composée d’Imazighen, l’autorisation d’organiser un culte funéraire pour son père Namart, un privilège exceptionnel. A la mort de Psossenes II en 950 av. JC qui avait succédé à Siamon, Sheshonk s’attribua la dignité royale et fonda la XXIIème Dynastie qu’il légitima en mariant son fils, Osorkon, la fille de Psoussens II, la princesse Makare et installa un autre de ses fils comme grand prêtre d’Amon Thbes. Sheshonk établit sa capital Boubastis, installa les hommes de sa tribu dans des terres du delta du Nil et leur constitua des fiefs. Une nouvelle féodalité prit pied en Egypte. L’an zéro amazigh se réfère donc à cette date historique de 950 av. JC ou Sheshonk fut monté sur le trône et fonda la XXIIème Dynastie.


Le jour de l’an le 12 yennayer, les Imazighen fêtent la nouvelle année, ce qui correspond donc au 1er jour du mois Yennayer. Pour les Imazighen, Yennayer est d’abord une porte qui s’ouvre sur le nouvel an et appelée ’tabburt useggwass’ (la porte de l’année). Sa célébration s’explique par l’importance accordée aux rites et aux superstitions de l’époque dont certaines subsistent encore de nos jours. La période en question attire particulièrement l’attention car la saison correspond à l’approche de la rupture des provisions gardées pour l’hiver. Il convient donc de renouveler ses forces spirituelles en faisant appel aux rites. À cette époque de l’année, le rite doit symboliser la richesse. Ainsi, pour que la nouvelle année entamée soit prospère et la terre plus fertile, il convient de se purifier et de nettoyer les lieux.
On obéit également aux lois rituelles telles que le sacrifice d’un animal (Asfel) sur le seuil de l’année, comme on le fait encore de nos jours sur les fondations d’une nouvelle bâtisse. Le rituel asfel symbolise l’expulsion des forces et des esprits maléfiques pour faire place aux esprits bénéfiques qui vont nous soutenir l’année durant. Si les moyens le permettent, seront sacrifiés autant de bêtes qu’il y a de membres de famille. La tradition a retenu le sacrifice d’un coq par homme, une poule par femme et les deux ensembles pour les femmes enceintes afin de ne pas oublier le futur bébé. A défaut de viande, chaque membre de famille sera représenté par un œuf surmontant une couronne de pâtes.



Le dîner ce jour-là sera servi tard et se doit d’être copieux, ce qui aux yeux des Imazighens augurera une année abondante. La viande de l’animal sacrifié y sera servie conformément au rite. Certains ne pouvant se permettre un tel sacrifice, servent de la viande sèche, kaddid chayah, gardée pour de pareilles occasions : un Yennayer sans la viande fût-elle sèche n’en était pas un ! Lors du dîner, une cérémonie est prononcée afin de préserver les absents et de faire que l’année soit bonne. Les absents ne seront pas les oubliés du repas : des cuillères disposées par la mère symbolisent leur présence et une proportion symbolique leur sera laissée dans le plat collectif, sensé rassembler toutes les forces de la famille.



Après le repas il convient de vérifier si tout le monde a mangé à sa fin. C’est la maitresse des lieux internes (la grand-mère ou la mère) qui pose la question aux enfants pour savoir s’ils ont mangé à leur faim. La maitresse des lieux n’oublie pas non plus les proches ou les voisins, lesquelles lui rendent également des aliments différents : il n’est pas de coutume de laisser balader des ustensiles vides le jour de laâwacher (jours bénis).



La fête garde de sa saveur pendant les quelques jours qui suivent l’événement. on prépare lesfenj (des beignets), tighrifin (crêpes), les Banadhej (avec de la viande hachée et des œufs) et tout autre plats et gâteaux rappelant une saveur rare fût-elle importée ( zest de citron, cannelle, vanille …).



Seront également au rendez-vous les fruits secs amassés ou achetés le reste de l’année, figues sèches, amandes, noisettes, dattes, etc.




Dans certaines régions, de la Tunisie ou l’Algérie, certains s’abstiennent de manger des aliments épicés ou amers par peur de présager une année du même gout. Le repas de Yennayer est conditionné par les récoltes selon les régions mais aussi par les moyens des uns et des autres. Les aliments servis vont symboliser la richesse, la fertilité ou l’abondance. Il est ainsi des borghol (bouillie de blé) et des halelem aux debabech (fèves et poids-chiches) ou le cœur du palmier !!!  pas question de rater le repas de bénédiction qu’est celui de Yennayer. Le bon présage de Yennayer fait aussi que l’on lui associe d’autres événements familiaux comme la première coupe de cheveux du dernier né ou les mariages (Pour ceux qui ne sont pas nombreux qui ont choisi la saison de l’hiver pour cet heureux événement). 






jeudi 15 octobre 2015

Bonne et heureuse année Hégirienne à toutes et à tous !


Quand on me souhaite joyeuse nouvelle année de l’hégire … je me rends compte que nous sommes en 1437 donc au début du quinzième siècle !, selon le calendrier julien solaire utilisé depuis la Rome antique et remplacé par le calendrier grégorien à la fin du XVIe siècle, nous sommes au 21 siècle. Cela, n’est peut-être pas dénudé de tout sens, car la nouvelle année de l’hégire correspond au début de la période de la renaissance qui s’étalait de l’année 1400 à l’année 1600 par convention. Et plus précisément nous sommes dans la période qu’on qualifierait de la phase de l’avènement de l'esprit nouveau (1400-1480). Elle constitue en premier et pour la majorité des peuples d'Europe la renaissance littéraire, le développement des langues européennes et la volonté d'enrichir et d'illustrer chacune des langues nationales. C’est la période où la conscience littéraire se constitue peu à peu, s'étend l'immense domaine des idées et des mentalités, s'instaurent les grandes mutations sociales et politiques (l'essor des nationalismes, l'expansion commerciale, l'évolution de la connaissance du monde terrestre et céleste). cette nouvelle culture s'appuie sur des supports sans précédent : renouvellement de la latinité, connaissance du grec, fondation de bibliothèques humanistes, débuts de l'imprimerie, apport des arts graphiques et nouvelle pédagogie.
Le « nouvel esprit humaniste » s'exprime par une vision renouvelée de l'homme, du monde, de l'amour et un idéal nouveau de formation intellectuelle. Mais la période est également marquée par un renouveau spirituel : transmission des connaissances bibliques, courants mystiques, mouvements spécifiques tels la Devotio moderna, la révolution des hussites ou les appels orthodoxes à la réforme de l'Église, courants de pensée assez puissants pour se traduire par des écrits très nombreux. Dans le domaine artistique, d'importantes innovations se font jour. La révolution de la troisième dimension, une nouvelle sensibilité artistique et le renouveau architectural ont leur écho dans la littérature de la Renaissance, tandis qu'en musique, s'affirme, autour des compositeurs franco-flamands, la "permanence gothique".

Certains Dirait que quelle est l'intérêt de cette superposition ce rappel historique ?

Et bien, ça donne matière à réflexion !!! A propos de l'Histoire, presque tout le monde en Tunisie connait l'adage d'Ibn Khaldoun à ce sujet "التاريخ في ظاهره لا يزيد عن الإخبار وفى باطنه نظر وتحقيق‏", qu'ils nous avaient toujours passé à la Télé Tunisienne dans une Emission d'éphémérides ... quand la Télé tunisienne était plus laïque et remplissait mieux sa mission d'ailleurs. Mais, rares sont ceux qui ont lu les ouvrages de cet érudit pourtant une fierté nationale ... c'est vrai que le niveau élémentaire en arabe littéraire des tunisiens, qui aussi le miens, ne nous permet pas de bien le comprendre, mais il existe des traductions dans toutes les langues. En effet, une majorité ne connait pas dans le détail cet adage !! Ibn Khaldoun, décrit l’Histoire comme " une discipline des plus répandues entre les nations. Le vulgaire voudrait la connaître. Les rois, les dirigeants la recherchent à l’envie. Les ignorants peuvent aussi la comprendre que les gens instruits. En effet, l’histoire n’est, en apparence, que le récit des événements politiques, des dynasties et des circonstances du lointain passé, présenté avec élégance et relevé par des citations. Elle permet de distraire de vastes publics et de nous faire une idée des affaires humaines. Elle fait voir les effets du changement…".
Selon Ibn Khaldoun, cela n'est que le sens apparent de l'Histoire car il continue pour définir son aspect caché, son essence, qu’Ibn Khaldoun appelle son aspect intérieur, voici ce qu’il écrit dans le même avertissement: " Cependant, vue de l’intérieur, l’histoire a un autre sens. Elle consiste à méditer, à s’efforcer d’accéder à la vérité, à expliquer avec finesse les causes et les origines des faits, à connaître à fond le pourquoi et le comment des événements. L’histoire prend racine dans la philosophie, dont elle doit compter comme une branche… "
Il termine sa définition de l’objet de l’Histoire dans comme suit : "l’Histoire a pour objet l’étude de la société humaine, c’est-à-dire la civilisation universelle. Elle traite de ce qui concerne la nature de cette civilisation, à savoir: la vie sauvage et la vie sociale, les particularismes dus à l’esprit de clan et les modalités par lesquelles un groupe humain en domine un autre. Ce dernier point conduit à examiner la naissance du pouvoir, les dynasties ou Etats et des classes ou catégories sociales. Ensuite, l’Histoire s’intéresse aux professions et aux manières de gagner sa vie, qui font partie des activités et des efforts de l’homme, ainsi qu’aux sciences et aux arts. Enfin, elle a pour objet tout ce qui caractérise la civilisation."



Enfin, Bonne et heureuse année Hégirienne à toutes et à tous ! Qu'elle vous apporte la réalisation de vos souhaits les plus chers ! et à l'humanité entière le bonheur, la fraternité, la paix et la sérénité. A l'aube de cette nouvelle année 1437 de l'Hégire, je ne peux que me souvenir du sens et de la consistance d'un tel événement en cela que l'Hégire désigne d'une part la rupture avec un modèle de société coutumière, avec cet esprit des tribus arabes, avec l'obscurantisme et l'ignorance qui y régnaient, de l'autre, l'exil et le départ vers un lieu prêt à accueillir des idées neuves, une communauté en quête du savoir, d'ouverture, d'égalité, de liberté, de partage, de probité, de paix, de sérénité, des lumières et des droits inaliénables de l'Homme !!!
L’Islam est une religion plus que millénaire et vient à la suite du judaïsme et du Christianisme qu'il intègre dans son « Message aux hommes ». Elle n’avalise en aucun cas l’obscurantisme et la violence dont font montre les différents courants islamistes.

sans oublier cette idée de Mohamed Talbi que je partage :« L’islam est né laïc » !!!

dimanche 20 septembre 2015

Joyeuse Malte bonne fête !!! Un même peuple, que l'histoire avait réuni et que la guerre des religions avait divisé !

A l'occasion de la commémoration de l'indépendance de la petite sœur de la Tunisie le 21 septembre 1964, j’ai fait mes vœux et mes souhaits de la réussite et de bonheur à tous les Maltais, nos frères et sœurs, Européens à part entière, habitants de la Valette, de Medina, de Rabat, de la Marsa Chelouk, de la Marsa skala, de Mellieha, de la Guezira, Bir żebbukha, de M'sida, de Bormla, de Attar, de Zurrieg, d' Al Grandi, de l'Amkabba et toutes les autres villes et bourgades de l'archipel ! 

Comme à chaque occasion,  j’ai émis mon message personnel suivant à mes compatriotes Tunisiens et à mes frères et sœurs Maltais :«Nous ne devons jamais oublier, de part et d'autre, que nous sommes : un même peuple, que l'histoire avait réuni depuis des millénaires et que la guerre des religions depuis le moyen-âge avait divisé !!! ... la preuve que les meilleures "maltaises" (les Oranges) sont tunisiennes et que comme disaient les maltais "hek al hajayrat rahom men hek el beled » ce qui veut dire « ces pierres (l’archipel) ne peuvent que faire partie de ce pays (la Tunisie)  !!! 
Beaucoup de Tunisiens ignorent notre histoire commune, les liens qui nous unissent et ce n’est pas toujours de leur faute, car comme disait l’islamologue, le philosophe et l’anthropologue Mohamed Arkoun, le choc des ignorances n’est que le fruit des identités dogmatiques nationalistes voulues ! et de cette «l’ignorance sacrée» empêchant toute lecture de l’histoire sécularisée des idéologies, contextualisé dans le fait historique et incorruptible par le gouvernant !

A entendre parler les Maltais on remarque nous tunisiens que le fond de la langue n’est que le dialecte tunisien agencé par des mots italiens et Anglais !!!  Une mixture multilingue composée de 80% d'arabo-berbere Tunisien on appelait  au 17ème le punicum (le Carthaginois), de 20% d'italien sicilien sur les quelles venait se positionnait une dernière couche d’Anglais !  et voilà un pays d’à peine 400.000 habitants, qui n'avait eu son indépendance qu'en 1964, avec plein de contraste, une histoire dure à concilier, démuni de toutes ressources naturelles… renit toute forme de suzeraineté, choisi  dans la fierté d’avoir sa propre langue !!! 

Les Maltais ont effectivement les mêmes origines que les Tunisiens depuis l'époque punique jusqu'à l'époque Hafside ! Quoique depuis l’invasion Arabe, l’archipel a servi de refuge ou de centre d'exil pour les chrétiens Tunisiens qui n'ont pas voulu changer de religion notamment avec l'arrivée des banou hilel au moyen-âge. Malte acquière depuis l'époque des Aghlabides, Zrides et des Fatimides un caractère cosmopolite avec une concentration des Berbères Chrétiens fuyant les Hilaliens !!! Les croisades, puis plus tard, la course entre l'Espagne Chrétienne re-conquérante des terres chrétiennes en méditerranée occidentale et la super puissance Ottomane du 15 et du 16 siècle, ont créé une scission irréversible. La Tunisie nouvellement reconquise par Charles Quint, dont il avait un projet de re-christianisation de tous ses sujets, a été 40 ans plus tard, reprise et re-islamisée par les Ottomans ! 
Charles Quint à Tunis
Contrairement à la Tunisie (et à l’Algérie d’ailleurs), Malte étant bien défendue, avec ses templiers venus d'Europe et ses chevaliers de Saint Jean,  demeurera chrétienne et restera le poste le plus avancé et la place forte de la chrétienté au centre de la Méditerranée !!! 

La langue maltaise porte les traces de l'histoire moderne mouvementée de l'archipel, entre les dominations arabe, italienne et anglaise !!! 
Contrairement au Tunisien qui sera toujours considéré comme un dialecte, le maltais devient depuis 1932 la langue nationale et apres l’indépendance en 1964 la langue officielle de la République de Malte. Elle est reconnue par l'UE comme langue européenne, reconnue aussi par l'ONU !! Même MS office, Google, Yahoo ... la reconnaissent et ont dans cette langue des versions spécifiques de leurs applications !! et pourtant... elle n'est parlée que par ces 400 800 habitant ce petit pays de de 316 km², l'un des plus petits du monde (par comparaison à la Tunisie 163 610 km²) !!! 

Malte est aussi considérée par la communauté internationale comme le seul État arabophone à être une démocratie, avant l'arrivée tardive du deuxième pays qui est la Tunisie. Malte est aussi le seul Etat arabophone à ne pas faire partie de la Ligue Arabe et qui n'est pas un pays musulman. Les maltais eux-mêmes considèrent que le maltais et le tunisien sont la même langue sauf qu’ils ont modernisé le Maltais par l'ajout des termes et des mots techniques et scientifiques emprunté à d'autre langue et nous non bien sûr !!! 

En raison de son origine punique et arabe, le maltais est classé comme langue sémitique. Il appartient au groupe dit Arabe occidental (l'arabe maghrébin ou maghribi) il comprend les langues maghrébines de Tunisie, de Libye, d’Algérie et du Maroc (encore considérées comme des dialectes primitifs) et d'autres langue historiques, l'arabe andalou et le siculo-arabe qui se divise en deux : l'arabe sicilien (le siqili) complètement disparu et l'arabe maltais (El Malti). Le maltais actuel, est l'héritier de l'arabe maltais et fait partie aussi du siculo-arabe ! il est à ce jour considéré comme un des dialectes ifriqiyens arabes. Le Maltais actuel est la seule langue sémitique arabe qui soit transcrite à l'aide d'un alphabet basé sur l'alphabet latin, enrichi cependant de diacritiques comme le point suscrit ou la barre inscrite.


Ce n’était finalement qu’un petit clin d’œil et un salut à cet archipel Maghrébin, Carthaginois à l'origine, qui a intégré l' UE, qui est uni, qui a une population éduquée, libérée des daech (hard, soft ou même hyper soft) !  un petit hommage à ce pays qui n'avait pas besoin ni de révolution, ni d'affirmer une suzeraineté identitaire, ni même à adopter d'autres grands principes pour évoluer, sur tous les plans ... et à des pas de géant !!! Joyeuse Malte, joyeux Carthaginois, bonne fête !!!

samedi 29 août 2015

Aurelius Augustinus : Reposes en paix le Carthaginois !!!

Hier 28 Août ... nos amis chrétiens ont fêté Saint Augustin (Aurelius Augustinus) qui est l’un des plus grands génies qui aient paru sur la terre à mon humble avis ! Cet anniversaire, celui de la mort d'Augustin un 28 août 430, a passé sous silence !!! la majorité de nos concitoyens et même de chrétiens ne connaissent pas qu'Augustin fut un Africain, donc, d'origine Berbèro-punique !!! qu'il est né au municipe de Thagaste (actuelle Souk Ahras) dans la Province d'Afrique (L'ex Africa Nova et deuxième territoire de Carthage romanisée et annexée à l'Afrique Proconsulaire) !!! Il est né un 13 novembre 354 durant Le Dominat (285 à 476) et sous Constance II (Caesar Flavis Ivlis Constantius Augustus). Avec Ambroise de Milan, Jérôme de Stridon et Grégoire le Grand, c'est l'un des quatre Pères de l'Église occidentale et l’un des trente-six docteurs de l’Église.
Pour l’Église, il est l’un des plus grands saints dont Dieu ait orné son Église. Moine, pontife, orateur, théologien, interprète de la Sainte Écriture, homme de prière et homme de zèle, il est une des figures les plus complètes d'autant plus qu'il était écrivain et philosophe !!!
La formation qu'il a reçu à Carthage est celle des lettrés autochtones romanisés devenus maîtres de la langue et de la culture latines. il se convertit d'abord à la philosophie avant de devenir manichéen. Il n'abandonne le manichéisme et se convertit au christianisme qu'assez tard en 386 après sa rencontre avec Ambroise de Milan. Après sa conversion, il devient évêque d'Hippone et mène une série de controverses orales et surtout écrites d'abord contre les manichéens, puis contre les donatistes, qui étaient maître chez eux en Afrique. Ses innombrables ouvrages sont un des plus splendides monuments de l’intelligence humaine éclairée et parmi son oeuvre, il y'a trois de ses livres qui sont particulièrement connus : Les Confessions, La Cité de Dieu et De la Trinité.
Sur le plan théologique et philosophique, il est le principal penseur, avec Ambroise de Milan, qui permet au christianisme d'intégrer une partie de l'héritage grec et romain. Il incorpore au christianisme une partie de la tradition de force de la République romaine. Il est le penseur le plus influent du monde occidental et l'Homme clé de l'émergence du moi en Occident, et dans l'évolution de la notion de justice. Sa critique de son passé manichéen, et ses obédiences de néo-platonisme l'ont amené à une conception d'un Dieu fort qui, assurera le triomphe du Bien sur le Mal.
Le Dieu d'Augustin est à la fois au-dessus des êtres humains et au plus profond d'eux-mêmes, d'où un accent mis sur ce qu'il nomme la trinité intérieure : la mémoire, l'intelligence et la volonté. Si la mémoire est importante, l'idée de commencement, de renouveau est également très présente. La volonté permet de se diriger vers le Bien, mais n'est pas suffisante pour Augustin ! Il met l'accent sur la raison entendue comme un moyen de s'approcher de la vérité des choses – la vérité absolue n'étant pas de ce monde – dans sa perspective qui intègre une dimension spirituelle certaine. En règle générale, la pensée augustinienne est animée d'un double mouvement, de l'extérieur (le monde) vers l'intérieur, domaine d'un Dieu lumière intérieure ; de l'inférieur (les plaisirs faciles) au supérieur (la vraie réalisation de soi). 
Si les écrits d’Augustin sont admirables pour les chrétiens d'un point de vue religieux !!! ils sont admirables d'un point de vu humaniste par leur science, par le souffle de compassion au malheur des autres qui les anime ; par le cœur tendre qu'est le sien et par sa sensibilité aux désastres de sa patrie.
Reposes en paix le Carthaginois !!!

samedi 15 août 2015

N'est pas Moderniste qui veut : une réaction à l'actu !!!

Finalement, le Chekh Ferid El Béji reste un salafiste comme tous les autres ! on ne peut exiger d'un traditionaliste plus qu'il ne peut donner !! il faut le comprendre car il a étudié avec les mêmes livres et avec le même référentiel des interprétations... celui des 8 et 9ème siecles... il ne pourra jamais se détacher, Bourguiba a eu la même expérience avec les cheikhs de la Zeitouna; et même avec ceux qu'il considérait comme les plus évolués et les plus ouverts. Ferid El Béji ne sera jamais un moderniste à l'mage des grands intellectuels et philosophes musulmans du 20ème siecle !!! Les idées éclairées de Fazlur Rahman (1919-1988) enseignées pendant longtemps à l’Université de Chicago et l'approche historiciste et moderniste du Coran, sont étranger et étrange pour lui !!! Et d'une façon générale, ils resterons marginalisés et rejetés par les marchants de la religion.
Ferid El Beji, et les Cheikhs ne seront jamais dans cette démarche qui cherche à trouver la bonne méthode d’interprétation du texte sacré, car ils l'ont déjà trouvé cette "bonne" et "unique" méthode. Elle fait partie aujourd'hui d'un corpus intouchable sacralisé d'ailleurs comme tout autre matériel d'interpretation. 
Trouver la bonne méthode d’interprétation du texte sacré est bel et bien le souci qui se trouve à la base de l'herméneutique ! Aller à la période de la révélation pour faire de l’exégèse (exégesis du grec ancien : « explication»), étudier d'une façon approfondie et critique le texte, trouver l’intention divine qui se cache derrière la lettre, puis revenir à l’époque contemporaine en se demandant comment penser de nouvelles façons d’actualiser cette essence du message coranique !!! C’est à la lumière de cette intention divine que "le comprendre" s’inscrira dans une logique de finalité.
Pour revenir à Fazlur Rahman, ce père de la pensée moderniste, il a reposé sa pensée sur une théorie historique de la révélation. sa méthode est celle des modernistes réformateurs, s’appuyant sur la dualité entre la lettre de la révélation, tributaire du contexte historique, et l’intention divine pleinement contenue dans la «Mère du Livre» (Umm al-kitâb) également appelée par le coran lui même « Table gardée » ou « feuillets purifiés » !!!
De nos jours, en Tunisie, certains se qualifient de moderniste, de Progressiste, de Bourguibiste..., alors qu'ils ne connaissent même pas les fondements du modernismes et la force de la conviction intellectuelle de foi qui les animent !! le fondement de leur pensée et leurs penseurs !!! et ceci explique cela ... car l'engagement n'est pas facile à vivre tous les jours s'il n'est pas une profession de foi ... celle de vaincre l'obscure et d’éclairer la raison d'une nation !!!

dimanche 2 août 2015

Commémoration du 2 Août , la Bataille de Cannae et la fête nationale Carthaginoise

A l'occasion du 2231è commémoration de la bataille de Cannae, une bataille majeure de la Deuxième guerre punique qui eut lieu le 2 août 216 av. J.-C.. près de la ville de Cannes située dans la région des Pouilles, Apulie (Italie méridionale). L'armée Carthaginoise  dirigée par le Général Hannibal Barca a défait une armée de la République romaine deux fois plus nombreuse sous le commandement des consuls Caius Terentius Varro et Lucius Aemilius Paullus. 

Cette bataille est considérée comme un chef-d'œuvre tactique et l'une des manœuvres tactiques les plus réussies de l'histoire militaire. Elle est étudiée dans les écoles militaires 23 siècles plus tard. En nombre de victimes, la bataille est la plus sanglante côté romain après celle d'Arausio et elle vient juste après leur défaites successives du Tessin, de la Trébie et surtout du lac Trasimène, 

En ce jour mémorable du 2 Août, les carthaginois célèbrent aussi leur 2829è Fête Nationale Carthaginoise marquant l’anniversaire de la naissance de Carthage et concordant ainsi avec la commémoration de la Bataille victorieuses de l’illustre Général et le grand stratège Hannibal.
Cette fête marque le début de la quinzaine des fêtes des Carthaginois, des Numides et des Romains, célébrées à Carthage et dans toutes les villes et les sites archéologiques de Tunisie pendant la première quinzaine du mois d'Août. Les Carthaginois à cette occasion fête fièrement l'épopée carthaginoise aussi bien civilisationnelle, marine, militaire que scientifique et sociale. !!! Cette fête aussi est l’occasion de commémorer leurs origines antiques multiples et diverses, la réconciliation symbolique et la synthèse culturelle et sociale d’un brassage entre Numides, Carthaginois et Romains… Un peuple méditerranéen unique et une histoire tant refoulée ...
Ces Afers (Africains) citoyens romains qui ont tant apporté, avec leur personnalité Carthaginoise affirmé et leur rêve Numide et leur sens de la liberté ! 
Cette date historique du 2 Août devra rester gravée dans notre mémoire collective et la double célébration est une parfaite illustration de cet esprit, et que les générations futures se souviennent qu’autour de ce bassin méditerranéen, de vaillants soldats de tout bord sont tombés ! des peuples se sont affrontés ! De Grandes nations sont nées, se sont éteintes, sont passées dans un oubli programmé par d’autre nations victorieuses… dans l’optique d’une intégration de leurs cultures, de leurs sciences, de leurs codes sociaux, de leurs modes d’organisation, de leurs terres et de leurs population.   


Pour ma part, la victoire des troupes Carthaginoises sur celles Romaines à Cannae, figure au registre de toutes les cérémonies commémoratives des batailles des guerres puniques, non pas dans un esprit de haine et de vengeance mais dans un esprit de mémoire, de recueillement dans l’objectif de réunir les peuples méditerranéens sans considération d'antagonisme du vainqueur et du vaincu pour rendre hommage aux morts de ces antiques guerres mondiales, promouvoir l'entente, la paix et la paternité entre les peuples. Et de réfléchir aussi aux conséquences de ce conflit, sur l'évolution de l’histoire des empires antiques et du brassage des peuples et de la culture.

En authentique néo-carthaginois œuvrant pour la reconnaissance de notre histoire et nos origines,   c'est également le moment de se souvenir du Général Martyr Hannibal, des illustres ancêtres et les alliées qui ont servi dans l'armée carthaginoise lors des trois guerres puniques mais aussi ceux, en parfaits Afers citoyens Romains, qui ont contribué à la culture antique au sein du Pax Romana et au maintien de l’empire dans les phases les plus difficile à l’instar de Septime Sévère et sa lignée africaine. 

Et pour revenir à la Bataille de Cannae, Aujourd’hui les Carthaginois Tunisiens et les Romains Italiens ressortissants de ces deux pays, rendent hommage à nos morts, à nos anciens et réaffirment notre volonté commune de respecter l'amitié et la profondeur historique de la relation entre les deux peuples qui ont plusieurs choses en commun et qui, géographiquement, ne sont séparés que par un détroit large de 200 km, constituant l’une des voies de passage les plus fréquentées du monde et qui sépare le bassin occidental du bassin oriental de la Méditerranée. Le détroit entre, la péninsule Tunisienne du Cap Bon d'un coté et la Sicile de l'autre. Cette grande île actuellement Italienne, mais historiquement, ayant fait partie tour à tour de l’un et de l’autre des deux pays !!!!
La Bataille de Cannae

vendredi 24 juillet 2015

Joyeuse fête de la république à Toutes les Tunisiennes et à tous les Tunisiens !


Joyeuse fête de la république à toutes les Tunisiennes et à tous les Tunisiens !


En cette occasion n'est-il pas le moment opportun pour se mémoriser ses moments importants dans la vie de notre chère Tunisie et se pencher sur le sens profond de ce mot devenu commun et répandu dans le langage politique : La République !!! Ces dernières années et grâce à cette euphorie de plateaux télé de l’après révolution, certains sont dans la confusion !!! Ils confondent la république avec la démocratie ! Alors que cette dernière n'est qu'un mode de gouvernement, une méthode fondée sur le pouvoir du peuple, à travers le suffrage universel direct ou indirect. La République est tout autre chose !!! Le mot lui-même dans son origine étymologique paraît assez neutre: «res publica», la chose publique.

Le mot République a été adopté par référence aux républiques antiques, carthaginoise et romaine, et à des références de modèles plus récents: la République Française et celle des Etats Unies d'Amérique, pour désigner un régime sans souverain héréditaire. La Monarchie était presque la seule forme qu'a connue la Tunisie depuis plus de 14 siècles !

Que ce soit sous les Byzantins ou après l'invasion et la domination arabe ! Que ce soit à l'époque médiévale, sous les Aghlabides, les Fatimides, les berbéro-mauresques Zirides, Hammadides, Khourassanides, Almohades, Hafsides et même après la domination ottomane, sous les dynasties Mouradites et Hussaynites ... ,le régime héréditaire était la norme !!!! Le 25 Juillet 1957, un an après l'indépendance d'un protectorat français qui a apporté le dernier coup de grâce pour que tombe le rideau sur la monarchie en Terre Carthaginoise d'Africa ! Sous l'impulsion de Bourguiba et du Conseil Constitutionnel que la République carthaginoise moderne renaisse de ses cendres !
Ce 25 juillet 1957, le peuple tunisien a retrouvé sa souveraineté. A l’unanimité, les députés convoqués à la séance extraordinaire se sont prononcés pour l’abolition du régime monarchique et l’instauration du régime républicain !!! A 17h55, c'est Jellouli Farès, président de l’Assemblée, qui annonce solennellement: «La monarchie est abolie par la volonté du peuple. Par cette même volonté la République tunisienne est née».

Les députés, debout, applaudissent. Dehors le canon tonne et la foule, massée aux alentours du Palais du Bardo, émue devant ce mot magique " République ".

Ahmed Ben Salah, vice-président de l’Assemblée, a déclaré ce jour-là que «l’Etat doit se libérer du joug hérité du passé, cela ne peut que consolider l’indépendance du pays et la souveraineté du peuple tunisien. Il n’y a aucun doute, nous serons aujourd’hui délivrés des séquelles de l’ancien régime. Il ne peut y avoir de souverain dans ce pays, et la volonté du peuple est sacrée. Notre génération a été élevée dans la doctrine du Néo-Destour, aspirant à la liberté, à la paix et à la prospérité. Nous devons jouir pleinement de notre souveraineté totale et sans partage. Lors de la lutte, nous avons déjà vécu un régime républicain, car à l’époque, il y avait deux Tunisie, l’une fictive, l’autre réelle. La République a déjà vécu en Tunisie sous l’illégalité; nous devons aujourd’hui la légaliser».


Ainsi le sens profond de la République était en premier lié à l'indépendance, à la souveraineté du peuple et à la liberté ! La République est née concomitamment avec ce poste à la fois si proche du peuple car il en fait partie et si prestigieux à la hauteur d'un souverain qu'il a détrônée celui de Président de la République.


Cette première république moderne est liée à l'œuvre de Habib Bourguiba s'appuyant sur la Raison pour édifier cet Etat moderne en Tunisie.

Aussi, la promulgation de la Constitution en 1959 a‐t‐elle représenté la base de l'édification de cette République et de cet Etat rationnel, entité distincte de l'Oumma, la nation musulmane.

La République repose sur une Constitution et non sur des attributs sectaires, plaçant la Raison au cœur de toute action développementaliste et considérant que l'homme demeure la mesure de toute chose, à l'instar de l'aphorisme platonicien. Une république permettant l'élévation du « niveau de l'homme » par l'action éducative, Bourguiba avait la conviction qu'une élite compétente, militante et progressiste devait assumer le pouvoir et s'assurer du contrôle de l'Etat.


Une République au service de l'émancipation individuelle et de la désacralisation de certaines pratiques sociales et culturelles, comme le port du voile par exemple, voire même en fustigeant les archaïsmes, comme celui du pouvoir de guérison attribués aux marabouts, que le processus de rationalisation de la société tunisienne fut entrepris.

Les motivations du nouvel Etat tunisien reposaient ainsi sur la formation de la morale favorisant la Raison, excluant de fait toute forme d'approche passionnelle, ce qui pouvait aller à l'encontre de l'ancrage de certaines traditions populaires fortes. Ce choix d'une éducation intellectuelle et morale s'appuyant sur la Raison et se libérant de l'esprit séculaire des mœurs, a été déterminant et a provoqué d'une certaine manière une « révolution psychologique » des 30 premières années de la jeune République.


En outre, l'œuvre de l'action éducative, couplée à des changements de législation sociale, comme la promulgation du Code du Statut Personnel, ont permis une transformation des mentalités, nécessaire à l'émancipation individuelle. La république est aussi liée à l'action primordiale de régulation des institutions religieuses et à la prise d'initiatives conforme au principe rationaliste. La République moderne confère à l'Etat d'organiser l'Islam institutionnel en dehors de la sphère publique.

Une république dont l'un des aboutissements de son recours systématique à la Raison est de libérer l’Etat de l’Islam et l’Islam de l’Etat !!! En étant garant de la republication de l'espace commun, de l'administration et du service public !!

Une république garante d'une modernité et de l'application d'une conception tunisifiée de la laïcité en Tunisie !!! L’article premier de la Constitution de 1959, illustre bien toute cette nuance car l’appartenance de la Tunisie à la religion musulmane ne concerne pas l’Etat qui reste fidèle aux principes républicains et ne doit pas se réclamer d’aucune religion que ce soit !!!

Une République Tunisienne au sein de laquelle la religion et la croyance sont d’ordre privée et individuelle et la République est là avec ses moyens et ses corps pour les restreindre à cette sphère. ...

Aujourd'hui ... Seul le temps nous prouvera si la nouvelle constitution dite de la deuxième république moderne Tunisienne ... aura renforcé ou non les principes républicains sécularisés et déjà établis, et si elle aura apporté cette couche supplémentaire tant espéré pour une mise à niveau de la constitution de 59 au diapason des avancées du 21ème siecle !   

mercredi 17 juin 2015

Enième superposition




Encore une fois, une preuve que les origines de la culture humaine sont communes: l'origine du carême et du ramadan est peut être la même... et certainement porteuse des mêmes significations !!!

Dans l'Égypte du 14ème siècle avant J.C, un pharaon se nommait Aménophis IV également connu sous le nom d'Akhenaton a parachevé une œuvre culturelle et religieuse initiée par ses parents Thoutmosis IV puis Aménophis III, celle de l’imposition de la première religion monothéiste connue de l’Histoire, le culte du disque solaire Aton, (le père et la mère de toute création)... !!! A cet époque, annuellement et durant la période du mois qui précédait la récolte, une rationalisation et un partage des greniers étaient institués. Durant ce mois qui avait lieu pendant la saison de Shemou ou Chemou - šmw, l'été - désignant, d'ailleurs comme le mot Ramadan, les chaleurs ( la troisième et dernière saison du calendrier nilotique basé sur la crue du Nil). En effet, le nom arabe Ramadan est le nom du neuvième mois du calendrier lunaire de l’hégire. Toutefois, le nom de ce mois existait bien avant l'arrivée de l'islam. Le mot ramadan lui-même est dérivé de la racine -rmd-, il désigne ainsi le mois caractérisé par une chaleur intense, un sol brûlant et le manque de rations (et même aujourd'hui en arabe dialectale tunisien ce mot désigne les cendres du charbon).


Dans la Tradition Judaïque, le carême est une période de jeûne de quarante jours, qui commémorent les quarante jours et quarante nuits du jeûne de Moïse avant la remise des Tables de la Loi. Chez les chrétiens, le carême est également une période de jeûne de quarante jours, par référence au jeune effectué par Jésus-Christ dans le désert. On appelle aussi le carême la Sainte Quarantaine.


De cette "superposition", le carême tire son nom de l'altération populaire de l'expression latine quadragesima dies, le "quarantième jour" et de quaresĭma (Vème siècle). A l'origine le carême était aussi, comme chez les musulmans de 28 à 30 jours. La pratique du carême remonte au 4ème siècle chez les nazôréens ou nazaréens (en grec "nazôraios" et en arabe "nassara" : nom attribué par les musulmans au judéo-chrétiens qu'ils ont connu en Arabie et au moyen orient lors du 6ème et 7ème siecle). Il s'agit d'une secte décrite en premier lieu au 4ème siècle après J.C par l'hérésiologue chrétien Épiphane de Salamine, et qu'il considérait comme des hérétiques portant le titre donné par la communauté juive à Jésus et aux premiers chrétiens).





Mais revenons à l'Egypte "pharaonique" !!! Ce mois de jeûne et de partage de la saison de Shemou ou Chemou allait du 15 avril au 14 mai. Il s'appelait Payni et précédait au 15 mai le mois Epiphi ou Epiph (ip ipi, fête de Ipipi), qui est l'origine de l'Epiphanie. Au septième jour de Epiphi, ils sacrifiaient le meilleur des récoltes pour honorer le sacrifice de la terre.

Cette fête d’Epiphanie a été séparée du mois de jeûne (quarante jours) dans le calendrier chrétien, dès lors que la naissance du Christ a été déplacée de Pâques à Noël. Dans le calendrier juif cette fête est désignée sous le nom de fête des cabanes (Souccot). Chez nous, la fête est celle de l'aïd al fitar (l'aïd esseghir) qui clôt le Ramadan (l'équivalent du quaresima) et dont il est la continuation.

samedi 4 avril 2015

Nomina si nescis, perit et cognito rerum ! Avril .. l'histoire


Détail de la mosaïque agricole d’El Djem, Tunisie, 3ème siècle.
La légende romaine veut que c'est Romulus qui nomma le second mois; Avril, ou Aphril, avec aspiration, qui vient du mot écume (aphros en grec), de laquelle on croit que Vénus est née.

En voici le motif qu'on prête à Romulus.Ayant nommé Mars le premier mois de l'année, du nom de son père, il voulut que le second mois prît son nom de Vénus, mère d'Énée, le fondateur mythique de Rome (après son passage à Carthage auprès de la reine Didon).   

Cincius, dans son Traité des Fastes, a réfuté que les anciens romains ont dénommé le mois d'avril du nom de Vénus, puisqu'ils n'ont établi, durant ce mois, aucun jour de fête, ni aucun sacrifice solennel en l'honneur de cette déesse ; et que, même dans les chants des Saliens, Vénus n'est point célébrée comme le sont tous les autres dieux !!! D'ailleurs, Varron est d'accord sur ce point avec Cincius. 

Ils pensent, tous les deux, que les Romains donnaient au mois qui succède à Mars, le nom d'aperilis, du mot latin ăpĕrĭo, qui veut dire ouvrir, soit parce que, dans ce mois, les bourgeons commencent à s'ouvrir , soit parce que la terre semble s'ouvrir en se couvrant d'une végétation nouvelle. En effet, jusqu'à l'équinoxe du printemps, le ciel est triste et voilé de nuages, la mer fermée aux navigateurs, la terre elle-même couverte par les eaux ou les neiges, tandis que le printemps, survenant dans le mois d'avril, ouvre toutes les voies, et que les arbres commencent alors à se développer, ainsi que tous les germes que la terre renferme; 

Certains font remonter Avril à l’étrusque Apru, qu’il dérivent du grec ancien Aphro, abréviation d’Ἀφροδίτη, Aphrodite, déesse de la beauté et de l’amour.

Verrius Flaccus convient qu'il fut établi, plus tard, que les dames romaines célébreraient, le jour des calendes de ce mois, une fête en l'honneur de Vénus. Le jour des Kalendes, (le premier du mois),  les dames romaines mariées se paraient les cheveux de myrte, après les avoir lavés et sacrifiaient  à Vénus  sous un arbre. Les femmes en âge de se marier rendaient un culte à la Fortune Virile, en lui demandant de cacher leurs défauts physiques aux yeux de leurs éventuels  prétendants.



  

Le poète Ausone représente le mois d'avril sous les traits d'un jeune homme couronné de myrte et qui semble danser au son des instruments.  "Près de lui est une cassolette d'où l'encens s'exhale en fumée et le flambeau qui brûle dans sa main répand des odeurs aromatiques."  


Dans la mesure où l’analyse sémantique et historique de Macrobe, en particulier sur l’introduction postérieure à celle du calendrier, du culte de Vénus et d’Aphrodite, est relativement exacte, la dérivation à partir de ăpĕrĭo (« ouvrir ») est, sémantiquement parlant, la plus valide. Notons la proximité avec apricus (« exposé au grand air, découvert, exposé au soleil »).

Le mois d'Avril était aussi consacré à la déesse Cybèle, la mère des dieux, comme l'appelaient les Grecs. 

une statue de Cybèle, domine la fontaine de la Plaza de Cibeles - Madrid

C'était à Pessinonte, en Phrygie, que se trouvait le principal temple consacré à Cybèle ; on l'y adorait sous la forme d'une pierre noire, qui était, disait-on, tombée du ciel. 

Devant les périls de la Deuxième Guerre punique, les Romains recherchèrent la protection de nouveaux dieux. La légende rapporte même un événement qui parut extraordinaire, une pluie de pierres, terrifiant les esprits. Les Romains consultent les livres sibyllins et ils trouvèrent une explication, une prédiction portant que leur ennemi juré (Carthage) serait vaincu si l'on apportait à Rome la mère des dieux de Pessinonte. 


En 203 av. J.-C, la statut en pierre noire qui représentait Cybèle fut apportée en grande pompe à Rome.  

Douze ans après, le 4 avril 191, lorsque Marcus Iunius Brutus dédia le temple qu’il avait voué à Cybèle et dont il avait ordonné la construction en 203, et depuis tout les 4 avril de chaque année qui suivait, des jeux dis Mégalésiens (Ludi Megalenses ou Megalesia ludi), furent institués en l'honneur de la déesse pour perpétuer le souvenir de son entrée dans la capitale de l'Italie. 

La fête durait six jours; les deux premiers étaient consacrés aux cérémonies religieuses, et les autres aux jeux, qui consistaient exclusivement en représentations dramatiques exécutées sur le mont Palatin devant le temple même de Cybèle. 
La période des fêtes de Cybèle, tout comme le mois de célébration, étaient remplies de réjouissances et de festins. 

chaque 4 avril, les Romains portaient la statue de Cybèle en procession (un lectisterne) dans la ville et à l’occasion de ces fêtes s’organisaient les mutitationes cenarum. Il s'agit d'une habitude religieuse que les patriciens romains avaient de s’inviter l’un l’autre à des banquets en l’honneur de la déesse, et pendant ces jours de fête, l’extravagance et la belle vie étaient probablement portées à un très haut niveau. C’est pourquoi en 161 av. J.-C. le Sénat romain prit un décret interdisant à tous de dépasser un certain plafond de dépenses.

Les Mégalésies étaient présidées par les édiles curules; les magistrats y paraissaient vêtus de la prétexte et de la toge de pourpre.


Phidias représente la déesse assise sur un trône entre deux lions, ayant sur la tête une couronne murale de laquelle descend un voile. (ci contre : la déesse Cybèle sur son trône. Art romain. Musée national de Naples)


Quelquefois aussi Cybèle est représentée tenant une clef et paraissant écarter son voile, allégorie qui rappelle l'étymologie d'avril.



Dans la Grèce antique, le mois d'avril correspond pratiquement au neuvième mois (ou dixième quand l´année en comptait 13) du calendrier attique antique en vigueur dans la région d’Athènes, l’élaphébolion qui comptait 30 jours entre le 22 février et le 21 avril de notre calendrier actuel. Il tire son nom du mot grec (Ἑλαφηϐολιών) de la fête des Élaphébolies en l´honneur d’Artémis. Pendant son cours se déroulaient les Dionysies dites grandes ou urbaines (les 9-13)


Enfin, durant le mois de Mars on avait célébré les conquêtes et le courage , en avril, au contraire, comme pour adoucir cette volonté guerrière, nous serons fortement marqué par les cultes rendus à la nature, sauvage ou conquise par l’agriculture, et aux divinités-femmes, aux cultes agraires très anciens destinés à assurer la fécondité, l’abondance et  la survie.  Mois consacré  à la déesse-mère, à travers ses nombreux substituts locaux ou assimilés, Cybèle,  Vénus Aphrodite, Acca Laurentia, Tellus Terra....


En outre, à Vénus, nulle saison ne convenait mieux que le printemps :
Au printemps, les terres sont éclatantes, au printemps le champ est paisible ;
C'est alors que les jeunes pousses font craquer la terre et soulèvent leur tête,
C'est alors que les bourgeons poussent sur l'écorce gonflée de la branche ;
Vénus la belle est bien digne de la belle saison,
et, selon la coutume, elle suit directement son Mars aimé.
Au printemps, elle engage les nefs creuses à voguer sur les mers

                                                          [extrait des fastes d'Ovide]