jeudi 12 décembre 2013

Qu'il est advenu de la dimension civilisationnelle humaniste de la Tunisie Moderne?

Je me demande bien ce qu'il est advenu de la chaire Ben Ali pour le dialogue des civilisations et des religions ? 




C'est l'une des initiatives les plus pertinentes lancées par ZABA concrétisée le 22 janvier 2002, date du démarrage des conférences et des manifestations scientifiques organisées par cette nouvelle institution, avec la participation d'une élite de penseurs et d'intellectuels tunisiens et étrangers.


Cette initiative illustrait la dimension civilisationnelle humaniste de la Tunisie Moderne au service du progrès et du bien-être de l'Humanité et s'inscrivait, dans le cadre de la déclaration, par les Nations Unies, de l'année 2001 " année du dialogue des civilisations ".

La Tunisie depuis son Indépendance, aussi bien sous Bourguiba que sous ZABA menée une action volontariste pour la diffusion des valeurs de dialogue et de compréhension entre les peuples et les civilisations, dans un monde nouveau dans lequel il n'y aurait plus de haine, ni de rancune et où prévaudraient le dialogue et la tolérance.et qui sera fondé sur les valeurs de liberté, de démocratie, des droits de l'homme UNIVERSELLES.

Ces valeurs de dialogue, de tolérance et de solidarité sont elles aujourd'hui des constantes de la Tunisie, dans le discours comme dans la pratique ?

Ces même valeurs qui puisent leur essence dans la civilisation arabo-musulmane des lumières notamment de son environnement immédiat de l'Ifiquya et d'El Andalous. Une civilisation de la morale et de l'Ijtihad qui s'appui sur les savoirs scientifiques et la raison et rejette l'obscurantisme, le texte sans l'apport de la raison, le fanatisme, l'extrémisme et la discorde.

Ces valeurs traduisent aussi la fidélité aux traditions ancestrales et séculaires de la Tunisie, terre de rencontres et carrefour de civilisations. De Carthage à nos jours, en passant par Kairouan et Mahdia, la Tunisie a toujours été un espace de dialogue et de communication entre les hommes et les peuples quels que soient leurs religions, leurs langues, leurs origines, leurs cultures ou leurs convictions.

C'est sur cette plate-forme civilisationnelle que reposera toute tentative de création d'une deuxième république en Tunisie tout à fait à l'opposé de ce que veux les gouverneurs d'infortunes transitoires issus des élections du 23 octobre 2011.

jeudi 29 août 2013

La mémoire inconsciente des carthaginois



Au quatrième siècle avant J-C., Carthage jouissait d’une rare constitution, ce qui lui a valu les vantes du philosophe grec Aristote. En effet, selon les dires d’Aristote, la constitution de Carthage à cette époque-là  était incontestablement une des meilleures au monde vu qu’elle assurait aux Carthaginois un certains nombre de libertés et de droits, et assurait la pérennité de l’Etat.
Certainement, la glorieuse Carthage du quatrième siècle avant J-C. avait une organisation politique de type hybride mêlant les éléments de trois régimes, à savoir :
       Un régime de type monarchique, composé par deux suffètes qui avaient  la charge de gérer l’administration civile, de rendre la justice et de convoquer les assemblées. Ces suffètes étaient élus et n’exerçaient ni le pouvoir militaire ni le pouvoir religieux.
      Un régime de type oligarchique, représenté par le Conseil des anciens, constitué de près de 300 aristocrates, qui était en charge de toutes les affaires intérieures de la cité et de sa politique étrangère.
      Un régime démocratique, constitué par l’Assemblée du peuple. Cette large assemblée était composée de tous les hommes libres de la cité et se réunissait place de l’agora, à l’occasion des grandes décisions, ou pour trancher, en cas de désaccord, entre les deux premiers pouvoirs.
Au vingt et unième siècle après J-C., la Tunisie post-troika a inventé, en l’absence d’une aussi «remarquable» constitution, encore et éternellement en projet depuis presque 2 ans , un régime hybride similaire, mais informel lui aussi mêlant les trois régimes:
1.     Le régime de type monarchique, composé par les deux suffètes, il s’agit bien de Beji Caied Essebsi (BCE) le chef des démocrates, des destouriens, des progressistes et des modernistes d’un côté et le cheikh Rached Kheriji Ghannouchi (RKG) de l’autre, chef des islamistes, des conservateurs et leurs condisciples. Ces deux suffètes ne sont pas élus certes, mais chacun d’eux exerce un pouvoir moral fort au sein de son camp. BCE exerce de ce fait, un pouvoir discrétionnaire sur l’inteligencia Tunisienne, l’administration, les corps républicains, la classe moyenne et supérieure ( employés et fonctionnaires, cadres, universitaires, journalistes, professeurs, medecins, avocats et autres professions libérales…) et d’une façon générale les intellectuels ! Alors que le RKG s’accapare le pouvoir religieux, détient une obscure attraction et une étrange sympathie auprès de ses disciples et une large frange du peuple effritée mais encore importante … dans une majorité composée de religieux, de conservateurs et de fans de niveau intellectuel faible à moyen ! Mais aussi, une non négligeable et influente classe de nouveaux riches entrepreneurs ou exerçants dans l’artisanat et dans divers métiers, notamment  de riches propriétaires terrains, commerçants et même des industriels !     
2.     Le régime de type oligarchique, représenté par la grande majorité des élus de l’ANC ! (majorité issue du scrutin du 23 octobre) constitué de près de 140  députés, en charge de la rédaction de la constitution et des affaires politiques et législatives ! la légitimité de cette majorité n’est plus que consensuelle après l’expiration de la durée d’un année et l’assassinat de Chokri Belaid  …mais elle continue à exercer un pouvoir semblable à celui exercé par les aristocrates carthaginois ! c’est à cela qu’on peut les qualifier d’alter-égo de l’Antique Conseil Carthaginois des Anciens.
3.     Le régime démocratique (au sens de la démocratie participative direct) , constitué par les sit-ineurs, les manifestants, les syndicats, le patronat, la société civil, les bloggeurs, les facebookeurs … qui s’expriment et qui se manifestent contrairement à une majorité silencieuse notamment après l’assassinat de Mohamed Brahmi devant l’ANC, à la place du Bardo et devant les Gouvernorats et les Délégations. Cette «  large assemblée » est elle aussi, d’ailleurs comme l’antique Assemblée du peuple carthaginois, composée de tous les hommes libres de la cité qui se réunissait à la place de l’agora, à l’occasion des grandes décisions, ou pour trancher, en cas de désaccord, entre les détenteurs des deux premiers pouvoirs.
A méditer !

 

dimanche 14 avril 2013

Les tisserands de soie, Hrairiya


Les Chinois ont longtemps gardé le secret de la fabrication de la soie. Des confins de l’Asie, les caravanes des commerçants arabes, traversant plusieurs déserts, empruntaient les routes de la soie pour arriver jusqu'au Maghreb. Lorsque les techniques de fabrication du fil de soie furent connues, l’art du tissage se développa au Maghreb.

Un ver, le bombyx du mûrier, qui ne fait que manger et dormir durant les six semaines de son existence, est à l’origine de la production de cette matière noble. De sa bave, cette chenille tisse entre 700 et 1 500 mètres de fil de soie, pour faire son cocon. Il s'agit d'un fil continu extrêmement fin que le maître d'art, professionnel d'excellence grâce à ses techniques et son savoir-faire exceptionnel, défait avec soin et art puis le teint et le met en bobines.

Au Moyen Âge, le tissage de la soie se professionnalise. Les tisserands, adoptent le métier à tisser horizontal. À Tunis, le tissage de la soie se développe à partir du XIVe siècle.

Au milieu du 19éme, on comptait, à Tunis, 106 ateliers pour la fabrication des tissus de soie. Tous ces ateliers se trouvaient groupés au Souk el harayria qui longeait la façade occidentale de la mosquée Zitouna. Le souk est fondé autour de 1450 par le souverain Hafside Abou Omar Othman. Les tisserands de soie, Hrairiya, se signalaient déjà depuis le 16ème siècle à l’admiration de Léon l’Africain. Les métiers utilisés existent encore, inchangés. Ils sont du type connu : deux rangs de lisses, animés par deux pédales. Ils ne diffèrent pas des métiers sur lesquels s’élaborent les tissages de coton ou de laine, mais les soieries façonnées exigent des opérations manuelles spéciales : au moyen de poulies complémentaires ; des fils sont levés irrégulièrement pour produire des variations de couleur et de points non prévues dans les jeux des lisses.

On fabriquait des pièces variées à destination précise : 

  • Safsari : grand voile blanc de sortie pour femmes
  • Takrita : petit fichu, parfois lamé d’or, qui maintenait la coiffe ou les cheveux.
  • Foutas et Blousas : Vétement d’intérieur et de fête pour femme dont la fouta beskri (drapé d’apparat en usage dans les régions de sahel, à Mahdia et à Jerba.
  • Schemla : ceinture d’homme
  • Chenbir noir

Le tisserand de soie occupa longtemps la place la plus élevée dans la corporation des tisserands, nombreux ont eux doit au nichan Al Iftikhar, décerné jusqu’à l’abolition de la monarchie en 1957 (Officier ou Chevalier de 1re ou de 2e classe). 


Les Ben Milad, les Ben Abdelkader et les Ben Abdallah sont des familles de tisserands. Des Amines qui se succédaient au Souk el harayria, on comptait certains issus de la famille Ben Abdelkader dont Mon arrière grand père Si Chedhely et le plus récent Si Mohamed Ben Abdelkader. Ce dernier était pour 12 ans, président de l'UTICA d'Avril 1948 à Octobre 1960. Il était aussi, le fondateur et le président du CNOT de 1957 à 1960 (Comité National Olympique Tunisien).


Un statut social et un métier qui ont perdu de leurs éclats ! un savoir-faire, une passion, un style de vie et un patrimoine qui sont en train de disparaître. A la médina, il ne reste aujourd'hui, qu'une petite vingtaine de tisserands, dispersés et qui survivent péniblement.

Le problème essentiel de la disparition de ces artisans est actuellement l'arrivée de nouveau tisserands qui ont repris cette activité et qui ne maîtrisent pas le marché amont, le coût de la matière première, la soie est très élevé et  une absence totale de soutien de l’état dans ce domaine. 

Le monopole de quelques commerçants, (dont certains sont des non tisserands) qui disposent des autorisations et des moyens pour importer la soie d’Asie et la revendre ensuite localement à des prix exorbitants, en est aussi une raison, mais la principale reste l'absence de débouchés ! 

Cette corporation se meure !

Abderrahmen BEN ABDELKADER

jeudi 11 avril 2013

Le serpent qui se mord la queue !



Risque de Credit Crunch, récession ou presque et inflation galopante combinés à une incertitude politique ! Oui, il s'agit bel et bien d'une sombre perspective qui a déjà conduit les agences de notation à dégrader à maintes reprises la note de la Tunisie et la notation de 5 banques ! L'économie Tunisienne aux yeux des agences de notation est même placée sous une perspective négative.


Selon certains analystes le pays risque de s’enfoncer dans la crise sociale dans un nouveau bras de force entre le gouvernement d'un coté et les syndicats et la société civile de l'autre. Globalement, le chômage s'aggravera avec plus d'austérité et des ajustements budgétaires porteurs de plus d'inégalités. Les politiques d'assainissement des finances publiques feront baisser les dépenses dites de redistribution et auront des conséquences néfastes. Avec le resserrement du crédit, les banques ne prêteront presque plus aux PME, sans que ce ne sera à des taux prohibitifs ! et ce, en plus de leurs crises de liquidité et de solvabilité et face à l'augmentation des défaillances. 


C'est le serpent qui se mord la queue : les banques n'auront plus confiance en leurs clients , elles prêteront de moins en moins, ce qui fera augmenter les faillites d'entreprises et renforce encore plus la méfiance des banques. Idem pour les clients particuliers, les prêts immobiliers résidentiels et la consommation de biens et services !

Alors mes amis économistes, financiers, sociologues, politiciens et politologues, imaginons ensembles des solutions à cette crise qui s'annonce gravissime et sans précédent, aussi bien pour notre pays, que pour la cohésion de notre société !

Abderrahmen BEN ABDELKADER

lundi 11 mars 2013


Pour les arabophones ... une belle vision tunisienne par Pr Abdelmajid Charfi ! 

vendredi 8 mars 2013

LA LETTRE DES VRAIS MUSULMANS TUNISIENS AUX FEMMES


À vous toutes, femmes du monde entier,
Notre salut le plus cordial !

C'est à chacune d'entre vous que j'adresse cette lettre en signe de partage et de gratitude, alors qu'on vient de fêter la Journée mondiale de la femme, la semaine dernière.

On voudrait dire tout d'abord à l'Organisation des Nations Unies,  à la société civile et à tous ceux qui ont fêté la femme, que le monde musulman participe avec l'humanité toute entière la visée et les objectifs de la célébration de cette journée. Le Monde musulman entend bien apporter, lui aussi, sa contribution à la défense de la dignité, du rôle et des droits des femmes, non seulement par son apport dans le cadre d'une relecture moderne, pour une contribution à la culture humaine et théologique, mais aussi en parlant directement au cœur et à l'esprit de toutes les femmes.

Notre Message à ce sujet, c'est un message qui, au-delà de l'évènement précis qui l'a inspiré, s'ouvre à la perspective plus générale de la réalité et des problèmes de l'ensemble des femmes, se mettant au service de leur cause dans le monde musulman contemporain.

On voudrait maintenant nous adresser directement à chacune des femmes pour réfléchir avec elles sur les problèmes et les perspectives de la condition féminine en notre temps, on s'arrêtant en particulier sur le thème essentiel de la dignité et des droits des femmes, vus à la lumière de la Parole de Dieu.

Le merci adressé au Seigneur pour son dessein sur la vocation et la mission de la femme dans le monde devient aussi un merci concret et direct aux femmes, à chacune des femmes, pour ce qu'elles représentent dans la vie de l'humanité.

Merci à toi, femme-mère, qui accueilles en ton sein l'être humain dans la joie et dans la peine d'une expérience unique par laquelle tu deviens sourire de Dieu pour l'enfant qui vient au monde, tu deviens le guide de ses premiers pas, le soutien de sa croissance, puis le point de repère sur le chemin de sa vie.

Merci à toi, femme-épouse, qui unis d'une façon irrévocable ton destin à celui d'un homme, dans une relation de don réciproque, au service de la communion et de la vie.

Merci à toi, femme-fille et femme-sœur, qui apportes au foyer familial puis dans le complexe de la vie sociale les richesses de ta sensibilité, de ton intuition, de ta générosité et de ta constance.

Merci à toi, femme-au-travail, engagée dans tous les secteurs de la vie sociale, économique, culturelle, artistique, politique, pour ta contribution irremplaçable à l'élaboration d'une culture qui puisse allier la raison et le sentiment, à une conception de la vie toujours ouverte au sens du « mystère », à l'édification de structures économiques et politiques humainement plus riches.

Merci à toi, femme, pour le seul fait d'être femme! Par la perception propre à ta féminité, tu enrichis la compréhension du monde et tu contribues à la pleine vérité des relations humaines.

Mais, on le sait, le merci ne suffit pas. Nous avons malheureusement hérité d'une histoire de très forts conditionnements qui, en tout temps et en tout lieu, ont rendu difficile le chemin de la femme, fait méconnaître sa dignité, dénaturer ses prérogatives, l'ont souvent marginalisée et même réduite en esclavage. Tout cela l'a empêchée d'être totalement elle-même et a privé l'humanité entière d'authentiques richesses spirituelles, intellectuelles et matérielles. Il ne serait certes pas facile de déterminer des responsabilités précises, étant donné le poids des sédimentations culturelles qui, au cours des siècles, ont formé les mentalités et les institutions. Mais si, dans ce domaine, on ne peut nier, surtout dans certains contextes historiques, la responsabilité objective de nombreux courants et de nombreux adeptes de la religion musulmane, on le regrette sincèrement. Puisse ce regret se traduire, pour tous les musulmans contemporain, par un effort de fidélité renouvelée à l'inspiration libératrice de notre sublime religion qui, précisément sur le thème de la libération de la femme par rapport à toute forme d'injustice et de domination, contient un message d'une permanente actualité venant de l'attitude même du Prophète Mohamed (SAAWS) .Celui-ci, dépassant les normes en vigueur dans la culture de son temps, eut à l'égard des femmes une attitude d'ouverture, de respect, d'accueil, de tendresse. Il honorait ainsi chez la femme la dignité qu'elle a toujours eue. En nous tournant vers lui en ce début du deuxième millénaire, nous nous demandons spontanément à quel point son message a été reçu et mis en pratique.

Oui, il est temps de regarder avec le courage de la mémoire et la sincère reconnaissance des responsabilités la longue histoire de l'humanité, à laquelle les femmes ont apporté une contribution qui n'est pas inférieure à celle des hommes, et la plupart du temps dans des conditions bien plus difficiles. On pense en particulier aux femmes qui ont aimé la culture et l'art, et qui s'y sont consacrées en partant de situations désavantageuses, exclues qu'elles étaient bien souvent d'une éducation égale à celle des hommes, exposées à être sous-estimées, à voir leur apport intellectuel méconnu ou même à en être dépossédées. Malheureusement, de cette multiple activité des femmes dans l'histoire, il reste très peu de choses qui puissent être enregistrées par les instruments de l'historiographie scientifique. Mais par chance, si le temps a enseveli les documents qui en portent la trace, il est impossible de ne pas en sentir les effets bénéfiques dans la sève dont furent nourries les générations qui se sont succédé jusqu'à nous.

L'humanité a une dette incalculable à l'égard de cette grande, immense, « tradition » féminine. Combien de femmes ont été et sont encore jugées sur leur aspect physique plus que sur leur compétence, leur valeur professionnelle, leur activité intellectuelle, la richesse de leur sensibilité et, en définitive, sur la dignité même de leur être!

Et que dire des obstacles qui, en de nombreuses parties du monde, empêchent encore les femmes de s'intégrer pleinement dans la vie sociale, politique et économique? Il suffit de penser que le don de la maternité est plus souvent pénalisé qu'il n'est estimé, alors que l'humanité lui doit sa propre survie. Et bien que les seules avancées enregistrées en ce domaine, restent inachevées et confinées aux seules pays de la Tunisie et de la Turquie et dans une moindre mesure au niveau du Maroc et de l'Algérie, ces avancées sont aujourd'hui, plus que jamais, fragilisées voir même menacées de régression alors qu'il reste encore beaucoup à faire pour que la condition de femme et de mère n'entraîne aucune discrimination.

Il est urgent d'obtenir partout l'égalité effective des droits de la personne et donc la parité des salaires pour un travail égal, la protection des mères qui travaillent, un juste avancement dans la carrière, l'égalité des époux dans le droit de la famille, la reconnaissance de tout ce qui est lié aux droits et aux devoirs du citoyen dans un régime démocratique.

Il s'agit là d'un acte de justice, mais aussi d'une nécessité. Dans la politique à venir, les femmes seront toujours plus impliquées dans les graves problèmes actuellement débattus: libertés individuelles, justice sociale, chômage et emploi, démocratie, développement régional, écologie et développement durable, droit à vie, droit à la dignité, santé et soins, éducation et enseignement, qualité de la vie, migrations, services sociaux, euthanasie, drogue, etc. Dans tous ces domaines, une plus forte présence politique, économique et sociale de la femme s'avérera précieuse, car elle contribuera à manifester les contradictions dans l'organisation de la société et elle obligera à redéfinir les systèmes, au bénéfice des processus d'humanisation, de responsabilisation, de respect et d'efficience.

En considérant l'un des aspects les plus délicats de la situation des femmes dans le monde, comment ne pas rappeler la longue et humiliante histoire — fréquemment « souterraine » — d'abus commis à l'encontre des femmes dans le domaine de la sexualité? Nous ne pouvons rester impassibles face à ce phénomène, ni nous y résigner. Il est important de le condamner avec force, en suscitant la mise en place d'instruments législatifs appropriés de défense, les formes de violence sexuelle qui ont bien souvent les femmes pour objet.

Au nom du respect de la personne, nous ne pouvons pas non plus ne pas dénoncer la culture hédoniste et mercantile fort répandue qui prône l'exploitation systématique de la sexualité, poussant même les filles dès leur plus jeune âge à tomber dans les circuits de la corruption et à faire de leur corps une marchandise.
En face de telles perversions, quelle estime ne méritent pas, au contraire, les femmes qui, avec un amour héroïque pour leur enfant, poursuivent une grossesse liée à l'injustice de rapports sexuels imposés par la force, et cela non seulement dans le cadre des atrocités qui se rencontrent malheureusement dans le monde, mais aussi dans des sociétés à tendance machiste agressif !

Notre merci aux femmes prend donc la forme d'un appel pressant pour que tous, en particulier les États et les institutions internationales, fassent ce qu'il faut pour redonner aux femmes le plein respect de leur dignité et de leur rôle. A ce sujet, nous manifestons notre admiration pour les femmes de bonne volonté qui se sont consacrées à la défense de la dignité de la condition féminine par la conquête de droits fondamentaux sur les plans social, économique et politique, et qui ont pris et continue de prendre courageusement cette initiative quand cet engagement de leur part était, et est pour certains, considéré comme un acte de transgression, un signe de manque de féminité, une manifestation d'exhibitionnisme, voire un péché !

En considérant ce grand processus de libération de la femme, on peut dire que cette voie « a été difficile et complexe, non sans erreurs parfois, mais positive pour l'essentiel, même si elle reste encore inachevée à cause des nombreux obstacles qui empêchent, en bien des régions du monde, que la femme soit reconnue, respectée et valorisée dans sa dignité propre.

Il faut persévérer dans cette voie ! Toutefois, nous sommes convaincu que le secret pour parcourir rapidement le chemin du plein respect de l'identité féminine ne passe pas seulement par la dénonciation, pour nécessaire qu'elle soit, des discriminations et des injustices, mais encore et surtout par un projet de promotion aussi efficace qu'éclairé, qui concerne tous les domaines de la vie féminine, en partant d'une prise de conscience renouvelée et universelle de la dignité de la femme. La raison elle- même, qui accepte la loi de Dieu inscrite au cœur de tout homme, nous porte à reconnaître cette dignité malgré ses multiples conditionnements historiques.

En règle générale, le progrès est évalué selon des catégories scientifiques et techniques, et, de ce point de vue, la contribution de la femme n'est pas négligeable. Cependant, ce n'est pas là l'unique dimension du progrès. La dimension éthique et sociale, qui marque les relations humaines et les valeurs de l'esprit, paraît plus importante: dans cette dimension, souvent développée sans bruit à partir des relations quotidiennes entre les personnes, spécialement à l'intérieur de la famille, c'est précisément au « génie de la femme » que la société est en grande partie débitrice. Vraiment grande est l'importance de ce que doivent à l'apport des femmes les différents secteurs de la société, les États, les cultures nationales et, en définitive, le progrès du genre humain tout entier!

À ce propos, nous voudrions exprimer une gratitude particulière aux femmes engagées dans les secteurs les plus divers de l'activité éducative, bien au-delà de la famille: jardins d'enfants, écoles, universités, services sociaux, associations et mouvements. Partout où existe la nécessité d'un travail de formation, on peut constater l'immense disponibilité des femmes qui se dépensent dans les relations humaines, spécialement en faveur des plus faibles et de ceux qui sont sans défense. Dans cette action, elles accomplissent une forme de maternité affective, culturelle et spirituelle, d'une valeur vraiment inestimable pour les effets qu'elle a sur le développement de la personne et sur l'avenir de la société. Comment ne pas avoir un sentiment de reconnaissance à l'égard de toutes les femmes qui ont œuvré et qui continuent à œuvrer dans le domaine de la santé, non seulement dans le cadre des institutions de santé les mieux organisées, mais souvent dans des circonstances très précaires, dans les pays les plus pauvres du monde, donnant un témoignage de disponibilité qui frôle souvent le martyre?

On souhaite donc, chères sœurs, que l'on réfléchisse avec une attention particulière sur le thème du « génie de la femme », pour lui faire plus de place dans l'ensemble de la vie sociale.

Que Dieu le miséricordieux, veille sur les femmes et sur leur mission au service de l'humanité et de la paix !


Reprise et adaptation du discours de Jean Paul II, tiré d'un texte du Vatican, du 29 juin 1995, solennité des saints Apôtres Pierre et Paul.

mardi 29 janvier 2013

A mes chers prédicateurs et moyenâgeux 3orbanes !


Au fait "sidhom echikh" ... sur le sujet de la polygamie je me suis rendu compte que nous sommes le deuxième pays musulman à l'abolir ! Encore une exception aux yeux des 3orbanes ! oui il n'y a que deux seules exceptions dans les pays musulmans et qui sont, la Turquie qui l'a aboli en 1926 et la Tunisie qui l’a bannie dès 1956. même l’Irak qui l’a proscrite en 1958 elle l'a rétablie à la suite de la première guerre du golf par Saddam Hussein en 1994.

Depuis, les féministes, les militants des Droits de l’homme et l’évolution des sociétés ont amené certains législateurs arabes à en restreindre la pratique au début du 3ème millénaire ! mais sans jamais atteindre le niveau des deux pays. Le code de la famille promulgué par le Maroc en 2004 autorise la polygamie « pour des raisons de force majeure », selon des critères draconiens qui la rendent presque impossible, comme en Jordanie mais pas l'audace de l'abolir !!!!

L’Algérie impose depuis 2005 le consentement de la première épouse. Le mari doit avoir les moyens et prouver sa capacité à « assurer l’équité » !

Alors mes chers prédicateurs et moyenâgeux 3orbanes, grâce à vos prêches, vos interprétations et votre conservatisme, la polygamie a encore de beaux jours devant elle ! j'ai remonté 14 siècles pour mieux comprendre et j'ai eu ... la certitude de votre aveuglement ! de l'avis de notre prophète Mohamed SA3WS. Quand son cousin et gendre Ali RA3 est venu lui demander la permission de prendre une seconde épouse, le prophète SA3WS avait répondu :

"Je ne l’autorise pas, non je ne l’autoriserai pas, sauf si tu veux divorcer de ma fille Fatima et te marier avec leur fille, car Fatima est une partie de moi, et ce qui la trouble me trouble, et ce qui lui fait mal me fait mal".